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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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322 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I. .

Sect. I. uns appellent Hèracléopolis , d’autres Nilopolis , & d’autres enfin Arsinoè , aDescription été, s’il en faut croire les habitans, bâtie par Joseph, à qui ils avouent de*fie s Egypte. vo - ir l’amélioration de leur Territoire, qui, disent-ils, n’étoit auparavantqu’un Etang croupissant. Ce Patriarche , en creusant des Canaux , &particulièrement le grand Canal qui s’étend depuis le Nil jusqu’au LacMoeris, trouva moyen de faire écouler seau, & de rendre le Pays, doncil avoit eu premièrement foin de faire arracher toutes ces mauvaises her-bes qui croissent dans les Terrains marécageux, propreau Labourage. C’està présent la Contrée la plus fertile & la mieux cultivée de tout le Ro-yaume , contenant au-delà de 360 Villages, & produisant des Raisins,<k d’autres Fruits , en abondance. Et ce qu’il y a de remarquable, c’eitque fa Fertilité ne se dément pas même pendant ces années dans lesquellesle Nil, n’atteignant pas f a hauteur ordinaire , répand la disette sur les au-tres Parties de f Egypte (a).

Du Nil. Ayant parlé de la Fécondité de Y Egypte, ce feroit une omission impar-donnable, si nous ne disions rien du Nil, auquel cette Contrée est redeva-ble de fa Fertilité & de sesAgrémens. Les Sources de cette Rivière étoienttellement inconnues aux Anciens, qu’ils en regardoient la Découvertecomme une chose impossible. On sait à présent qu’elles font en Ethio»pie , quoique quelques Voyageurs modernes ne soient pas d’accord entre euxà i’égard des Endroits , comme nous pourrons le faire voir dans un autrelieu. Le Nil entre en Egypte environ fous le Tropique du Cancer , Atombe de dessus sept Cataraèbes , d’une hauteur considérable , entre desRochers & des Précipices, avec un si grand bruit, qu’on peut l’entendreà quelques milles de-là. Ceux qui demeuroient aux environs de ces Ca-taractes avoient coutume autrefois d’ossrir aux yeux des Etrangers unSpectacle assez singulier; coutume que quelques Voyageurs modernes as-surent être encore en vogue. Deux d’entre eux se mettoient dans an petitBateau, l’un pour le diriger, & l’autre pour empêcher seau d’y entrer.Après avoir été ballottés pendant quelque tems par les ondes, ils condui-soient adroitement leur Nacelle à travers les canaux les plus étroits, afind’éviter par-là les Rochers ; &, se laissant emporter par la Rivière dans fachute, ils tomboient avec leur petit Vaisseau du haut en bas , au grandétonnement des Spectateurs, qui, les croyant perdus , les voyoient un in-stant après reparoître fur l’eau,loin de l’endroit de leur chute (b). Le Nil,après avoir traversé la haute Egypte & celle du milieu , se partage unpeu au-dessous de i’ancienne Memphis en deux grands Bras , lesquels,formant ensuite sept Canaux, se jettent dans la Mer par autant de bouches.Ces sept Bouches du Nil, dont il est si souvent parlé dans les Ecrits desAnciens, étoient, pour commencer par l'Occident, celles de Canopolúìd’ Hèracléopolis , de Boibitine , de Sébennitus , de Pachnamunis, de Mendes, deTaniaîis , & de Pélufe; tirant leurs noms, comme onvoit, d’autant de Vhl eS

(") Ooin Not. nd Alfrng. p. 157. Tom. II, p, 205.

Kirciiev Oedip. vol. I. p. 8. Lucas, Voy. ' (//)' Seiicc, ÎNat. Qurest. L. IV. c. 2 .