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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’ËGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEX ANDRE, Chai*. III. 323situées fur leurs différentes branches. Outre celles-là, il y avoit les deux Sect. r.Pseudojlomata ou fausses Bouches, comme les nommoienc Jes Egyptiens , de DescriptionPincptimi à de Dìgìcos , qui étoient trop petites pour porter de grands Vais- tiesEgybie.

seaux. Mais la plupart de ces Bouches ont été fermées depuis ce tems--

là, & il s’en est formé d’autres, au nombre de plus de trente, par les-quelles l’Eau du M fe jette dans la Mer , particulièrement pendantque ce Fleuve fe déborde, la plus grande partie d’entre elles étant àièc lorsque les eaux fe retirent (n) : présentement les deux princi-paux, &, pour dire le vrai, les seuls Bras considérables du Nil, fontcelui de Rosette ou Rashid au Couchant, & celui de Damiette au Le-vant.

L’Inondation annuelle du Nil , dont dépend la Fertilité de YEgypte, est son Débcr-tine des plus grandes Merveilles de ce Pays. Les anciens Ecrivains nous dément an-apprennent que les Eaux du Nil commencent à croître en Egypte vers le ni,el -Solstice d’Eté, & qu’elles continuent à le faire jusqu’aprèsl’Equinoxed’Au-tomne, pendant l’efpace d’environ cent jours; qu’enfuite elles décroissentpar degrés pendant le même espace, jufqu’à ce qu’elles fe soient retiréesdans leurs bords, entre lesquels elles restent jufqu’à l’Inondation de f An-née suivante. Si la Rivière ne montoit pas à la hauteur de seize coudées,ou du moins de quinze, le Pays n’étoit point couvert d’eau, & une Di-sette de vivres en étoit la conséquence nécessaire (b). Les Voyageurs mo-dernes attestent à peu près la même chose. Quoique le Nil commence às’enfler dans le Mois de Mai, on ne fait fur ce sujet aucune Observationpar ordre public avant le 28. ou 29. de Juin. ■ En ce tems-là, la Riviè-re s’est élevée environ à la hauteur de six ou huit piques,(Mesure Turqued’à peu près 26 pouces) ; & les Crieurs publics ont ordre d’en avertir JesHabitans de la Capitale & des autres Villes, & sont obligés de continuerapublier combien la Rivière croît chaque jour, jusqu a ce que le Nil ait at-teint la hauteur de seize piques. Alors ils abattent l’Ecluse du Kbaliì ougrand Canal, qui passe au travers d ’al Kahira, & donnent moyen à seaude s’écouler fur leurs Terres, par un artifice dont nous parlerons dans sin-isant. Que s’il ne manquoit à cette hauteur qu’un seul pouce, ils n’abat*troient point l’Eclufe, parce qu’en ce cas les Pays arrosés ne devroientaucun Tribut au Souverain, le Produit de ces Pays suffisant à peinealors à l’entretien des Propriétaires. Voilà pourquoi présentement, sile Bacha ou Gouverneur à'Egypte donne passage aux eaux avant que laRivière soit parvenue à la hauteur prescrite, il est responsable des consé-quences, & obligé de payer à l’Empereur Ottoman le Tribut ordinaire,que l’Année ait été fertile ou non. Si l’Eau monte à 23 ou 24 piques,on a lieu d’espérer les plus abondantes récoltes; mais si elle vaau-dela,le Pays en souffre; non seulement, parce qu’il y a en ce cas.beaucoup.deMaisons renversées, & de Bétail noyé;mais auíìî,àcaufe qu’il s’engendre

(S) Herod. L. II. Diod. Sic. L. I. Plin. L. V. c. 9.T t 2

(a) Lucas,ubi supra, p. 3r3.