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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEX ANDRE, Ciiap. III. S3 i

Médecine; un grand nombre de ces Animaux étant pour cette raison trans- Sect. r.porté à Venise & en d’autres endroits. Description

Le Rat Egyptien , appellé par Jes Anciens lcïmeumm , est de la taille d’un del'Egypte.

Chat, ayant le poil rude, & le corps parsemé de taches blanches, jaunes, --

& cendrées. II a Je grouin semblable à celui d’un Pourceau, & en fait lemême usage. Ses jambes font courtes & noires, & fa queue pareille à cel-le d’un Renard. Il fe nourrit de Serpens, de Lézards, de Limaçons, deRats, & d’autres Animaux; & est d’une grande utilité en Egypte , par sonadmirable Instinct; à trouver & à casser les œufs de Crocodile ; ce qui empê-che qu’un Animal aussi nuisible ne fe multiplie autant qu’il feroit fans cela.

Les Naturalistes prétendent aussi, qu’il aime si fort le foye du Crocodile,qu’après s’être roulé dans le limon, il passe par le gosier du Crocodile,pendant que celui-ci dort la gueule ouverte, & s’ouvre après cela le passageen rongeant (a). Ces Animaux font faciles à apprivoiser, mais il ne fautpoint les mettre avec des Chats ( b ).

11 y a aussi un grand nombre d’Oifèaux en Egypte, particulièrement d’Au-truches, d’Aigles, de Faucons, & une prodigieuse quantité d’Oiseaux aqua-tiques, comme Pellicans, Phœnicoptères, Oyes sauvages,Hérons,Canards,

& plusieurs autres sortes. Ceux qui font particuliers au Nil , font Y Ibis >l’Oie au plumage doré, la Poule de Dimyat , & le Saksak. Ce dernier estle Trocbilus des Anciens (c), qui ont observé fur son sujet, que c’est leseul Animal en amitié avec le Crocodile, parce que cet Oiseau mange lesSangsues qui fe trouvent dans fa gueule (d). L’ [bis mérite une attention tou-te particulière, non feulement parce qu’il est si particulier à Y Egypte,qu’ilmeurt de tristesse dès qu’on le transporte dans un autre Pays, mais aussi àcause du grand service qu’il rend aux Egyptiens , en détruisant les Serpensvolans, que le Vent du Midi amène des déserts de Libye, & qui sont faits com-me des Serpens d’Eau, avec des ailes semblables à celles d’une Chauve-souris. Par une espèce d'Instinct, un nombre insini de ces Oiseaux se rendsur les Frontières dans la Saison qu’il faut,y attend ces Serpens, & les dé-vore avant qu’ils soient entrés en Egypte. II y a deux sortes à’Ibis. L’une,d’un brun noirâtre, & environ de la grandeur d’un Héron; c’est-là l’/to quitue les Serpens, & qu’on ne trouve presque jamais que dans la Baffe Egyp-te: l’autre forte est blanche, mais a la tête, le cou, & le bout des ailes& de la queue noirs;& cette espèce est si commune, qu’on en voit sou-vent des quantités prodigieuses. Le bec & les pies de cet Oiseau resièm-blent à ceux d’une Cigogne. Sa nourriture ordinaire (outre Jes Serpensdont nous venons de parler) font des Limaçons, des Sauterelles, & d’au-tres Infectes (e).

Outre les Lacs qui se trouvent dans d’autres endroits de Y Egypte , ceuxdu Delta près de la Mer, & entre autres trois considérables entre Alexandrie

(a) Diodor. Sic. p. Zs, 78. Qí) Herod. L. II.

(A) Lucas, Voyag. T. II. p. 245. (s) Idem, ibid. Lucas, ubi sup, p. 24.5.

(c) Sicard, Mém. des Miss.,T, VI.-p, 24p.

Vv L