AZ2 H I S T O I R E A S I A T 1 Q U E, Livk. I.
Sect. I. & Tinah , l’ancienne Peluse (a), fournissent grand nombre de Poissons, quoi*Description que feulement de sept ou huit forces; dont-il y en a deux que les Egyptiensde f Egypte, salent dont ils envoient une prodigieuse quantité en Syrie,en Cypre,8c
--à. Constantinople. Le Revenu d-un seul de ces Lacs, appellé Manzalah;
vaut à l’Empereur Ottoman quarante mille écus par an. Ceux qui demeu-rent aux environs de ces Lacs, mangent beaucoup de poisson frais, & àgrand marché, comme faifoient autrefois les Israélites (b). Mais la cha-leur du Climat ne permet pas qu’on les transporte fort loin; ce qui est cau-se que les Habitans à'al Kahira font obligés de se contenter du poissonque le Nil leur fournit. Comme le Lit de cette Rivière est plein de boue &de limon , le Poisson qui s’y trouve s’en ressent, à l’exception pourtant dequatre sortes, qui font excellentes: savoir, les Kciher ou Lates, que les An-ciens appelloient Latos, & dont quelques-uns pèsent jusqu’à deux & troiscens livres; les Cashouc, autrefois nommés Oxyrinchi-,/á cause que leur nezse termine en pointe; les Bonnì , qui pèlent quelquefois vingt ou trente li-vres, & qui font le Poisson nommé Lepidotus, dont les anciens Egyptiensfaifoient tant de cas; & les Karmud, désignés dans d’anciens Ecrivains parle nom de Ehagrus> Ce dernier Poisson est noir, de la même taille à peuprès que les Banni., & extraordinairemenc vorace. Outre la bonté du goût»ce Poisson a encore deux .autres qualités qui doiv< nt le faire estimer des Ha-bitans à'al Kahira ; savoir, qu’il. se trouve dans le Nil pendant toutes lesSaisons de Tannée, & qu’il est fort aisé à prendre (c).
DesFégâ . Quoiqu’i] soit rare de trouver des Bois-en Egypte, on y> voit pourtant
taux de qnelques Forêts de Palmiers vers les-déserts de la Libye; &, aux environs• &yp te * de Dandèra, l’ancienne Tentyra, il y en a une de Palmiers sauvages (J)»,dont le fruit est excessivement dur,mais que ceux du Pays trouvent excel-lent. Les Arbres les plus communs font les Palmiers: outre lesquels il y aplusieurs sortes d’Arbres Fruitiers, & auss quelques Cèdres, quoique pas sigrands, ni en si grand nombre, qu'en Syrie ;& un grand Arbre garni d’é»pines, appellé al Hilaji, dont les anciens Egyptiens faifoient peut être lesbateaux dont parie Hérodote (e). A tout prendre pourtant, l ’Egypte n’estpoint une Contrée propre aux Arbres. Pour qu’ils y croissent, il faut tropde foins & trop de peine. Pour ce qui regarde les Plantes, le cas est tout*à-fait différent: on y en voie une infinité de fortes. dont nous n'indique-rons qssun petit nombre, & principalement de celles qui peuvent servir àrépandre. quelque lumière sur l’Histoire Ancienne.
La prémière Plante, dont nous ferons,mention, est le Papyrus ou By-blus , que les Gens d u Pays appellent à présent al Berdi. Elle croît sur lesbords du NU, & pousse une tige de neuf ou dix pies de hauteur. Lqtronc est composé.d’un grand nombre de fibres longues & étroites, quiproduisent de petites fleurs. Les feuilles-font semblables à la.lame d'uns
f-?) Sieard, Mt : m, des MiíT.,T.V{. p,
l&C,:.
(0 Nomb, XI. §,
(0 Sieard, p; 245. &c. Lucas, T.II. p(d) Sieard, ubi supra,.». 157.
(Ó -Herod, Lib* ,11».