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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Z64 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Sect. II. les Temples étoient fermés; & tous les Sacrifices,les Fêtes, & les Solem-Mœurs & nités ceffoient pendant l’espace de 72 jours. Des compagnies de 200 ouCoutumes 300, tant hommes que femmes, ayant mis de la boue fur leurs têtes, &4 es Egyp- jes ceintures de cordes autour de leurs,corps, marchoient folemnellementtiens. en procession deux fois par jour, chantant des chansons funèbres à la louan*ge du Défunt. Pendant ces 72 jours, ils s’abstenoient de viande, defroment, de vin , en un mot de tous mets délicats: ils ne se baignoient,ni ne s’oignoient, ni ne couchoient dans leurs lits, ni n’avoient de com-merce avec leurs femmes, mais chacun d’eux menoit deuil jour & nuit.Pendant ce tems-là la Pompe funèbre ayant été préparée avec beaucoup demagnificence, le dernier jour le corps étoit exposé dans un cercueil h l’en-trée du sépulcre, & chacun avoit une entière liberté de l’accuser; privilègequ’une Loi du Pays accordoit au Peuple ce jour-là, qui étoit aufìì destinéau récit des actions du Monarque décédé. Les Prêtres prononçoient sonéloge: & s’il arrivoit que le Défunt eût régné dignement, une multitudeinfinie, assemblée à cette occasion, íècondoit leurs applaudissemens; maissi ç’avoit été un mauvais Prince, le Peuple exprimoit hardiment son mé-contentement. II dépendoit même des Sujets d’accorder ou de refuser auMonarque décédé des funérailles solemnelles : ce qui est si vrai, que plu-sieurs Princes ont été privés de cet honneur par le Peuple. C’est pour cet-te raison, entre plusieurs autres, & de peur que leurs cadavres ne fussent 1maltraités & leur mémoire rendue à jamais infâme, qu’ils faisoient tousleurs efforts pour s’attirer l’estime & 1 affection de leurs Sujets par uneconduite irrépréhensible.

Division Pour ce qui regarde l’administration des Affaires publiques, chaque IVo-pRmume me ou ^ovince avoit son Gouverneur particulier, qui veilloit k tout ce quiétoit de son département. Les Terres étoient divisées en trois parties. L’u-ne étoit pour les Prêtres, les revenus en étant employés, non feulementpour leur entretien & pour celui de leurs familles, mâis aussi pour subve-nir aux frais des Sacrifices & de toutes les autres dépenses du Culte public.La seconde appartenoit au Roi, & étoit destinée aux frais de la Guerre,aussi - bien qu’à soutenir avec splendeur la Dignité Royale : une portion siconsidérable le mettoit en état de récompenser libéralement les gens d’un mé-' rite distingué, & lui étoit tout prétexte de fouler son Peuple par des impo-sitions onéreuses. La troisième & dernière partie étoit destinée aux Sol-dats, qui, ayant de tels revenus, étoient encouragés par-là à hazarder leurvie pour la défense de leur Pays : les Egyptiens trouvant absurde de remet-tre la fureté de toute la Nation entre les mains de ceux qui n’ont rien chezeux qui leur paroisse valoir la peine d’être défendu (a).

Hérodote dit que les Egyptiens étoient distingués en sept ordres différens;en Prêtres, Soldats, Gardeurs de Bétail, Porchers, Marchands, Interprètes, ÔcGens de Mer ; qui empruntoient leurs noms de leurs Professions ( b) : mai «

G) Diod. sic. L. I. p. 66.

0) Herod. L. II.