3 65 HISTOIRE ASIATIQUE, Livu. I.
Sect.II. manquer de faire de très bonnes Troupes: mais ce en quoi ils excelloientMeurs 6 ? encore davantage , étoit à gouverner des chevaux, & à conduire des cha-Cout umês riots ; qualités par lesquelles ils se sont distingués de bonne heure, comme ildes tigyp- paroit par I’EcrituìIe (a). Quand les Soldats manquoient à leur devoir,tiens. Jâchoient le pié dans la bataille, ou donnoient quelqu’autre témoignage de" lâcheté, on ne les punissoit que par des marques d’infamie; les Législateursayant jugé plus à propos de les porter à leur devoir par des motifs d’hon-neur, que par la crainte de châtimens (b).
Les Terres accordées à la Milice ne payoient point de taxes, non plus quecelles des Prêtres. La portion assignée à chaque homme étoit áei2 /Irurœ,dont chacune contenoit en quarté roo Coudées LFyM'âer*. LaGardeduRoi consistoit en 1000 Ber mot y bien s , & en autant de Calafiriens , qui fai-soient place chaque année à d'autres, afin que tous euílent à leur tour lemême honneur & le même avantage. Car outre les revenus de leurs Ter-res, ceux qui étoient à la Cour a voient chaque jour cinq livres de pain,deux livres de bœuf, & deux pintes de vin. Cette générosité envers lesGens de guerre les encourageoit aussi à se marier, & par cela même à peu-pler le Pays & à laisser ainsi après eux un nombre de Soldats suffisant pourdéfendre le Royaume ( c ).
Mais après tout, on ne sauroit dire que les Egyptiens ayent été une Nationguerrière; les Soldats n’apprenant bien leur métier, que par des combatsréels. C’est plutôt par le moyen des Colonies qu’ils ont envoyées, que parla force des Armes, qu’ils ont étendu leur Empire. Cependant il y a euparmi leurs Rois de fameux Conquérans.
Nous aurions quasi oublié d’observer, que quand les Egyptiens créoientun nouveau Roi par voie d’éiectíon (ce qui arrivoit quelquefois) ce Roiétoit toujours tiré de l’ordre des Prêtres, ou de celui des Soldats. Que sic’étoit du nombre de ceux-ci, on le faifoit passer^incontinent dans l’ordredes Prêtres, & initier à leurs mystères (d).
Des Clajfes Ees Laboureurs, auxquels le Roi, les Prêtres, & les Soldats, don-infirkures. noient leurs terres à cultiver, à condition d’une redevance raisonnable,s’occupant uniquement de leur profession, dans laquelle le Fils fuccédoittoujours au Père, ne tardèrent pas longtems à porter l’Agriculture à unpoint de perfection plus éminent que n’avoit fait aucun autre Peuple de laTerre. Les Bergers, pareillement, étoient toujours Bergers de généra-tion en génération ; ce qui fut cause, que joignant aux observations de leursAyeux celles qu’ils dévoient à leur propre expérience, ils devinrent aussi forthabiles dans leur profession: à quoi l’émulation de fe surpasser lesunslesau-tres dans fart de faire multiplier leursTroupeaux.ne contribuoitpas médiocre-
(à) Exod. XIV. 7, &c. Cant. 1 .9. Eíâie (c) Herod. L. II. & Diodor. ubi supra.XXXVIII. 9. Çd) Plut. de Isid. & Osirid. p. 354.
(-) Diodor. Sic. L. I. p. 70.
* Les Aruva d 'Egypte doivent par conséquent avoir été un peu plus que les trois quartsd une Acre Anglaise,