DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 367ment. Une chose, entre autres , pratiquée par ceux qui nourrissoient des Sect. ILPoules & des Oyes, mérite particulièrement d’être rapportée. Car fans Mœurs &s’en tenir à la manière ordinaire , ils ne soussroient pas que ces Animaux Coutumescouvassent, mais avoient recours à l’Art pour faire éclore les œufs ;&par ^ce moyen ils avoient dans le Pays une quantité infinie de ces Oiseaux (a). tíem ‘
11 y a apparence qu’ils fe fervoientpour cela de fours, qu’onemployé en-core à présent en Egypte au même usage, & dont les Voyageurs font sou-vent mention *.
(a) Diod. Sic, L. I. p. 70.
* II ne sera pas inutile de donner en peu de mots une idée de cette méthode, dont ospourroit peut-être faire usage dans d’autres Pays, aussibien qu’en Egypte.
Les Maisons bâties dans ce dessein ont une longue entrée , de chaque côté de laquelle ily a quatorze Fours (quelquefois plus ou quelquefois moins.) Le fond & les côtés de cesFours íbnt faits de briques fechées au Soleil, fur lesquelles ils mettent des nates, & fur cesnates des œufs. Le dessus de ces Fours est plat , & couvert de bâtons , hormis deuxlongs foyers de briques fechées au Soleil, dans lesquels on allume du feu pour donner de lachaleur aux œufs qui font dessous.
Au-dessus de ces Fours d’en bas il y en a un pareil nombre d’autres, auíïì faits de bri-ques, mais dont le dessus fe termine en voûte. Dans ces Fours fupéiieurs il y a quelquestrous, qu’on bouche ou qu’on laisse ouverts, suivant le degré de chaleur qu'on veut laisserdans les Fours inférieurs. Ces Fours d’enhaut ont non feulement des gueules par où ils ontCommunication avec la longue entrée, mais encore d’autres par lesquelles ils en ont les unsavec les autres ; & chacun d’eux a deux de ces foyers dont nous venons de parler. La pro-fondeur des Fours d’en-bas est d environ deux piés & demi d 'shtgleterre , & celle des Fourssupérieurs de plus de quatre.
On commence à chauffer ces Fours vers le milieu du Mois de Janvier, & on y brûle cha-que matin cent liantars de fiente de chameau , & à proportion pendant la nuit jufqu’à lami -Février", & vers ce tems-là les Fours font si chauds, qu’on ne fauroit appuyer les mainscontre les murailles fans fe brûler.
Après cela ils mettent les œufs dans les Fours pour faire éclôre les poussins. ce q t,'ils con-tinuent successivement jusques à la fin de Mai. On met d’abord des œufs fur des natesdans les Fours inférieurs, au- nombre de sept ou huit mille , en n’en plaçant que deux l’unfur l’autre. Dans les Fours d’enhaut le feu est fait dans les longs foyers , d’où la chaleur ferépand dans les Fours inférieurs. Les œufs qui font directement fous ces foyers, font mis àtrois de hauteur, les autres {feulement à deux, comme nous lavons dit.
De nuit,ìorsqu’ils font de nouveaux feux dans les foyers, ils mettent les œufs, qui étoientdirectement fous ces feux, & à trois de hauteur, ils les mettent, disons-nous, à la place oítétoient ceux qu’ils avoient placés deux l’un fur l’autre: ceux-ci font mis à leur tour à trois dehauteur fous le foyer, parce que, la chaleur y est plus grande que vers les côtés. Ces œufsrestent dans les Fours inférieurs pendant quinze jours & autant de nuits, ensuite ils font tranl-portés dans les Fours supérieurs qui font immédiatement au - dessus des autres. Dans ceux-là(n’y ayant plus de feu alors) ils tournent tous les œufs quatre fois pendant chaque espace devingt & quatre heures. Le vingt & unième ou le vingt-deuxième jour, les poussins íbnt éclos.Le premier jour, ces petits Animaux ne mangent point; mais le second on lesempoite, &ils commencent à prendre de la nourriture.
Le Maître du Four a la troisième partie des œufs pour ses dépenses, ò c pour ía peine;& fur cette troisième partie il doit fournir aux Propriétaires en poussins les deux tiers dunombre de leurs œufs, en cas que quelques-uns de ceux-ci viennent à se perdre ou àmanquer.
Le feu dans les Fours supérieurs est proportionné de la manière suivante, dans le remsque les œufs lotit placés dans les Fours d’en-bas. Le premier jour fe fait le plu» grand.