Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
376
JPEG-Download
 

37 6 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Sect. ii. r oie deux de cette sorte: l’un à Memphìs, nommé Apis, & par les GrecsMœurs & Epaphus ; & l’autre à Héliopolis, nommé Mneuis. Ce dernier étoit noir, &Coutumes l'honneur qu’on lui rendoit étoit inférieur à celui qu’on se croyoit obligé dedes Egyp- rendre à Apis {a). U Apis devoit être né d’une vache incapable de faire untiens. autre veau, & conçu, à ce que les Egyptiens s’imaginoient, par le bruic~Chohcdë à tonnerre. Les marques qui le distinguoient de tous les autres animauxce Dieu de fa forte, étoient la noirceur du corps, hormis une tache blanche & quar-Taurcau. rée fur le front ; la figure d’un Aigle fur le dos, les poils de la queue dou-bles; & un nœud fous la langue, comme un Escarbot (b). D’autres fontmonter jufqu’à vingt-neuf le nombre des marques qui lui étoient particuliè-res (c). Les Egyptiens facrifioient des Taureaux à Apis , mais étoient sidélicats dans le choix, que s’ils leur trouvoient seulement un poil noir, ilsîes jugeoient impurs. Cette recherche fe faifoit par le Sacrificateur, avectoute la précaution possible; après quoi il lui tiroit la langue, pour voirsi cette partie étoit nette; & en dernier lieu il examinoit la queue, pours’assurer que les poils en étoient tels qu’ils dévoient être. L’Anima! ayantété trouvé tel qu’it falloit, le Sacrificateur attachoit un morceau de parcheminà ses cornes: &, après y avoir mis son cachet,ordonnoit que le Taureaufût gardé; car c’étoit un crime capital de sacrifier la victime fans qu’ellefût marquée d’un tel sceau. Voici quel étoit Tordre observé dans le Sacri-fice. La victime ayant été amenée à l’Autel,ils allumaient d’abord du feu,&, après avoir répandu du vin fur la victime, ils adressoient leurs prièresau Dieu; ensuite, ils mettoient à mort l’animal, l’écorchoient, & luicoupoient la tête, qu’ils portoienc avec beaucoup d’imprécations au mar-ché , ou à quelqu’autre endroit public, & la vendoient à quelque Grec , s’ilsen rencontraient: que s’ils n’en trouvoient pas, ils jettoient la tête dans laRivière, accompagnant cette action de cette formule d’exécration: Puis-sent les maux , dont ceux qui sacrifient à présent , ou les Egyptiens en général,fontmenacés, tomber fur cette tête. Cette espèce de libation, & la manière de dévouerla tête de la victime, étoient universellement pratiquées par toute Y Egypte ; cequi faifoit qu’aucun Egyptien ne vouloit manger la tête de quelque Animalque ce fût. Mais, à l’égard du choix des victimes, les coutumes étoientdifférentes suivant la différence des lieux (d).

Quand le Bœuf Apis mouroit, & que Je terns destiné à le pleurer étoitpassé, les Prêtres, à qui ce foin étoit commis, en cherchoient un autrequi eût les mêmes marques; &, quand ils Pavaient trouvé, leurs lamen-tations cessoient dans l’instant. On le conduifoit d’abord à Nilopolis , où ilétoit nourri pendant quarante jours: de-là il étoit transporté à Memphìs ,dans un vaisseau, dont une cabane dorée lui servait d’appartement, & étoitmis dans le bocage de Vulcain. Pendant les quarante jours, dont nous ve-nons de parler, les femmes feules avoient la permission de lui rendre visi-te,

(*) Plut. de Ifid. & Osirid p. 364. (f) iElian Hist. Anim. L. XI. c. 9.

(J>) Hsrod. L. LU. Plia. L. VIII. 46. (d) Herod. L. II.