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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE,Ciíap. Iíf.

maison, & en allant à la chasse; l'sbis & le Faucon, en détruisant les Ser*pens, & d’autres Infectes nuisibles ; le Crocodile , en garantissant le Paysdes incursions des Voleurs Arabes; l’ Ichncumon , en prévenant la trop gran*de multiplication des Crocodiles ; & le Chat, en faisant la guerre à f Aspic& à d’autres Reptiles venimeux (a).

4. Mais des gens plus sensés , peu satisfaits de ces raisons , qui leurparaissent trop foibles pour excuser des coutumes si honteuses, & dont ilsrougissoient en secret ( b ) , ont allégué quelque chose de plus spécieux 5prétendant que le culte rendu par les Egyptiens aux Animaux , ne se rap-portait pas aux Animaux mêmes , mais aux Dieux dont ils étoient lesSymboles, & avec lesquels ils avoient quelque relation particulière. LesPhilosophes, disent ceux dont nous parlons, honorent fanage de la Divi-nité par tout où ils la rencontrent, même dans des Etres inanimés, &par conséquent à plus forte raison dans ceux qui jouissent du privilège dela vie. Ceux-là donc font dignes de louanges, quin’adorent point les Créa-tures, mais le Dieu suprême, & qui considèrent les Créatures comme au-tant de miroirs qui réfléchissent limage Divine, ou comme autant d'instru-mens que Dieu employé à la conservation du Monde. C’est pourquoi, quandon embellirait des statues de tout for & de toutes les pierreries de 1 Uni-vers, ce ne feraient jamais elles qui pourraient être l’objet du culte deshommes; car la Nature Divine ne saurait habiter dans la disposition arti-ficielle des couleurs, ni dans de la matière sujette au changement & privéede mouvement & de vie. 11s ajoutent, que comme le Soleil, la Lune, lesCieux, la Terre, & la Mer, font des choses communes à tous les hommes,quoique désignées par dissérens noms chez divers Peuples , de-même iin’y a qu’une Ame & qu’une Providence qui gouverne l’Unìvers, & qui afous elle plusieurs Ministres inférieurs, quoiqu’ayant dissérens noms, ik quoi-qu’étant honorée de plusieurs différentes manières , suivant les loix & lescoutumes de chaque Pays (c).

Suivant cette idée , ils prétendoient que le Faucon étoit un emblèmede la Nature Divine , à cause de sa vue perçante & de sa vitesse. L’As-pic, le Chat, & l’Escarbot, étoient aussi honorés comme Symboles de laPuissance Divine ; f Aspic , comme n’étant pas sujet à la vieillesse , &comme se mouvant sans piés ; le Chat, parce qu’ils s’imaginoient que cetAnimal concevoit par f oreille, & faifoit ses petits par la bouche, imagede la production de la Parole; & l’Escarbot, parce qu’ils supposoient qu’iin’y avoir point de semelle dans toute f espèce. Le Crocodile étoit aussi,à leurs avis, un emblème de l’Etre suprême, parce que seul, entre tousles Animaux , il n’a point de langue , organe dont Dieu n’a pas be-soin (d).

Les relations que les Animaux Sacrés avoient eues avec quelques Dieux

Sect. IT.

MœursCoutumesdes Egyp-tiens.

Diod. Sic. L. I. p. 75, pi utt à Isid. (c) idem ibid. p* 377 » 382. &c.& Osirid. p. 3S0. QJj idem ibid. p. 363, 3ÍJ0, &c.

<Jt) Eut. ibid. p. 37p.