DÇ L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 385étoit originaire d’ Arabie , & qu’il apportoit en Egypte Je corps de son Père Se ct. ri.embaumé, qu’il enterroit dans le Temple du Soleil. Voici de quelle manière Mmrs &il s’acquitoit de ce devoir. Premièrement, il formoit en figure d’œufau -Coutumestant de myrrhe qu’il pouvoit porter , & en ayant essuyé le poids, il vm- des E SJP-doit l’œuf, & mettoit son Père dedans. Ensuite il fermoit l’ouverture avec* ietts ‘de la myrrhe, en telle proportion que la pesanteur du touc égalât celle de '
l’œuf avant que le corps y eíìt été mis, & le transportoit à Héliopolis (a).
Les Egyptiens font, à ce qu’on prétend les premiers, qui ay en t ordonné Quelquesque les hommes s’abíliendroient de femmes dans des Temples, & n’entre-^rm/«/■-roient dans aucun Lieu sacré après avoir eu commerce avec quelqu'une d’el- titut { onsles, avant que de s’être lavés. Us ont aussi été les prémiers qui ont con- d - es Egyp "sacré chaque Mois & chaque Jour à quelque Divinité particulière, & quiont observé le tems de la nativité de différentes personnes; observations, tionj™'par le moyen desquelles ils tiroient leur horoscope, ils avoient foin át Jours.mettre par écrit tous les prodiges (en quoi on assure que leur Pays abon-doit plus qu’aucun autre) avec leurs fuites; supposant que si le même Prodiges.prodige arrivoit une autre fois , il ne manqueroit pas de produire les mê-mes effets. Cependant ils ne s’attribuoient pas le talent de prédire quelquechose , mais faisoient profession de recevoir toutes leurs prédictions des Oracles.Dieux. Car s’ils n’ont pas été le prémier Peuple qui ait érigé des Oracles& introduit la coutume de les consulter , il est néanmoins certain queles plus anciens & les plus fameux Oracles parmi les Payens , particulière-ment ceux de Jupiter en Libye & à Dodone , dévoient leur origine á l'E-gypte ( b) , comme nous le dirons dans son lieu. 11 y avoit en Egypte di-vers Oracles, tels que ceux. d’ Hercule , $ Apollon, de Minerve, de Diane deMars , & de Jupiter ; mais celui qu’ils révéroient par dessus tous les au-tres, étoit l’Oracle de Latone, dans la Ville de Butus (c): & d ans j a p u ; teil y en eut un fort fameux de Sèrapis à Alexandrie (d). Les Animaux Sa-crés avoient aussi chacun son Oracle; comme le Bœuf Apis , la Chèvre, leLion , & le Crocodile (e). On consultoit le Bœuf Apis, en observant dansquelle chambre, de deux qui lui étoient préparées , il entroit; son entréedans l’une passant pour un bon signe, & dans l’autre pour un mauvais: oubien , on lui offroit à manger, & de ce qu’il l’acceptoit,ou lerefusoit,onconcluoit que sa réponse étoit favorable,ou ne-l’étoit pas. On conte queCésar Germanicus , ayant consulté cet Oracle peu de tems avant fa mort,l’Animal ne voulut recevoir aucune nourriture de fa main (/).
11 ne faut pas oublier les Sacrifices Humains des anciens Egyptiens. Sacrifi.etComme les Bœufs rousseâtres dévoient être sacrifiés, à cause qu’on pré- Humaine.tendoit que Typhon avoit eu les cheveux de la même couleur ; de-mêmedes rousseaux étoient immolés anciennement par les Rois d 'Egypte furle tombeau d 'Osiris. Mais comme peu á'Egyptiens avoient le poil roux „
(a) Herodot. L. II. (x) Van Dale de Orac. p. 074.
Ò) Idem ibid. (c) Idem ibid. (f) Plïn. Nat. Ilist. L. Vlsi. c< .3
(aj Pausan. L. VII. Ruífín. Hist. Eccles. Marcell. L. XXII. c. 15,
L. il. c. 23.
Tome I.
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