z86 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Se c t. II. les Victimes étoient ordinairement choisies parmi les Etrangers: d’où onMœurs & croit que la fable des Grecs , touchant la cruauté de Bujìris envers ceuxC sfpl ies de leur nation, a tiré son origine ; non pas à cause de quelque Roi de cetiens f nom ' mais parce que le tombeau d ’Ojìris étoit appelle ainsi en Egyp-
- - tien ( a ). On sacrisioit aussi jadis des hommes à Hélmpolis , & à Junon ou
Lucìnc, dans une Ville de la Thébaíde supérieure, appellée du même nomque cette Déesse, qui étoit adorée en cet endroit sous la forme d’un Vau-tour. Ces Victimes humaines dévoient être approuvées de la même ma-nière que les Veaux qui étoient examinés, & ensuite scellés comme purs;& on en sacrisioit trois chaque jour , pendant la Canicule , qu’on bruloitvifs, & dont on jettoit les cendres au vent. Ces malheureux étoient ap-pellés Typhoniens par les Egyptiens (b). Une coutume si barbare fut aboliepar /Imvjis, qui ordonna qu a leur place on offriroit le même nombre d’i-mages de cire (c). Le souvenir de cette coutume s’étoit si peu conservé dutems à’Hérodote , que rapportant une fable des Grecs , lavoir quelorsqu’/Ar-cuìe arriva en Egypte , les Egyptiens, voulant le sacrifier à Jupiter , le conduisi-rent à un Autel en grande cérémonie, mais qu’il se délivra lui-même en tuanttous ceux qui étoient présens; cet Historien juge que ceux qui avoient in-venté cette histoire , ignoroient parfaitement les loix & les coutumesdes Egyptiens : car comment, dit-il, peut-on s’imaginer qu’un Peuple, àqui il n’étoit permis de tuer aucune forte d’Animaux , hormis des Oyes,des Pourceaux , des Taureaux, & des Veaux, qui encore dévoient avoir cer-taines qualités pour pouvoir être immolés *, ait voulu sacrifier des Hom-mes (d)? Cependant il paroit démontré, qu’il y a eu réellement parmi lesEgyptiens un pareil usage; & ce qui confirme la chose, est l’empreinte dusceau que le Prêtre attachoit aux .Bœufs qui dévoient être sacrifiés, & furlequel étoit représenté un homme à genoux, avec les mains attachées der-rière le dos, & un glaive prêt à lui couper la gorge (c). Nous avons faitmention ci-dessus des sacrifices humains qu’on ossroit au Nil , suivant uneTradition des Egyptiens (/): mais nous ne trouvons rien fur ce sujet dansles anciens Auteurs.
Culte des Nous avons mis le culte des Oignons & des Porreaux dans la ClasseOignons, às Superstitions Egyptiennes ; mais comme les Historiens gardent là-dessusorreuux, j e p] us p ro f onc i (]]ence, nous croyons que les Ecrivains Satyriques , pouraugmenter le ridicule, ont été un peu au-delà de l’exacte vérité (g);
(«) Diod Sic. L. I. p. 79 - (d) Herod. L. n. c. 45.
(l>) Manetho , apud Porphyr. de Abstin. (e) Plut. ubi fupr. p. 363.
L. II. c. 55. Eufeb. Prap. Ev. L. IV. c. 16. (f) Supra P- 324.
& Plut. de lsid. & Osir. p. 380. (§) Juveu. Sac. 15. y. 10.
(c) Idem apud eosd.
* Ce Passage, & ce que nous avons dit ci-dessus, nous- paroit suffire pour réfuter le sen-timent de ceux qui ont avancé , qu’íl n’écoic pas permis aux Egyptiens d’appaiser les Dieuxpar le sang de quelques Animaux, mais seulement par des prières & de f encens (1).
(1) Macrob, Saturnal, L. I. c. 7,