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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 387

quoiqu’une pareille opinion puisse peut-être ne pas paroître entièrement Sect. ildestituée de vraisemblance à ceux qui considéreront combien l’abstinence de Mœurs Q*quelques Egyptiens à l’égard de certains végétaux, comme des lentilles,des Coutumesfèves, & des oignons, étoit scrupuleuse. Ceux-ci sur-tout étoient en à Egyp-abomination aux Prêtres; parce que, à ce que quelques-uns prétendent , um 'Dìftys, qui avoit été élevé par noya en en allant chercher; ou plu-

tôt , parce que de toutes les plantes les oignons seuls croissent pendant ledéclin de la Lune («).

Avant que de quitter ce sujet, disons un mot de la structure des T era-Structurepies des Egyptiens . La première chose qui se présentoir à la vue, étoit Tem \une Avenue de pierre, d’un plethron en largeur ou un peu moins, & environ ^* 5 ( ! e {trois ou quatre fois plus longue; ayant de chaque côté une rangée de syptieilï ’Sphinx, à la distance de vingt coudées les uns des autres. Cette Avenueconduisoit à un Portique, derrière lequel il y en avoit un second, & quel-quefois un troisième,le nombre de ces Portiquesn’étantpas toujours le mê-me. Le Temple même consistoit dans un grand & magnifique Parvis, &dans une Chapelle bien proportionnée, où ordinairement il n’y avoit pointd’images, (car anciennement les Egyptiens n’en avoient aucune {b) ; ) ou, s’ily en avoit, l’image n’étoit jamais celle d’un Homme, mais de quelque Ani-mal destitué de raison (c).

11 y a peu de Nations au Monde, qui ayent observé leurs Loix primitives Diverses& leurs Coutumes auíîì longtems que les Egyptiens. Ainsi il n’y a pas lieu C° ut » nmde s’étonner qu’ils ayent été si exacts & si fidèles à l’égard de leurs Cérémo-nies Religieuses, puisqu'ils avoient la même fidélité & la même exactitude àl’égard des usages les plus ordinaires de la vie ; car une coutume nouvelleétoit un prodige en Egypte (d).

Ils avoient grand foin de l’éducation de leurs Enfans, les élevoien t Educationfrugalement, & ne les nourrissoient que d’alimens communs , de ti - des Erfant*ges de Papyrus rôties fous les cendres, & de racines d’autres Plantesqui croissoient dans les marécages , quelquefois crues, & quelquefoispréparées. Ils marchoient la plupart fans vêtemens, & pies nuds, pen-dant leur enfance, à cause de la chaleur du climat; tellement qu’unenfant, depuis fa naissance jusqu’à ce qu'il eut atteint l’âge viril, necou toi t pas à ses parens au-delà de vingt Drachmes , c’est-à-dire, en-viron treize chelins ; c’est-là une des causes pourquoi Y Egypte a étési prodigieusement peuplée. Pour ce qui concerne l’instruction de leursenfans, les Prêtres leur apprenoient deux sortes de Lettres, les unes sacrées,

& les autres vulgaires; & sur-tout, la Géométrie, à l'Arithmétique. ^ Ce-pendant il y en avoit peu dans les Classes inférieures, qui apprissent a lire& à écrire, excepté les Marchands. Mais afin qu’ìls pussent être utiies àla République, & en état de gagner leur vie, ils apprenoient dès leur pre'-

(a) Plut. de Ifid. & OGrid. p. 355. Diod. (c) Strabo, L. XVII. p. nzz.

Sic. Lib. I. p- 80. (/j Piato in Tira. p. 656.

(b) Lucian. de Dea Syria.

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