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388 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect.II. mière enfance la profession de leurs Pères, foie des Pères mêmes, soit deMœt/n ò? leurs plus proches parens. Ils n’exerçoient leurs enfans, ni à ia Musique,Coutumes ni à la Lute, parce qu’ils les defapprouvoienc l’une & l’autre; la premièredes Egyp- jsur paraissant, non feulement inutile, mais même nuisible, en ce qu’elietiens. énervoit l’ame; & i’autre n’écant, à leur avis, guères avantageuse à la* " santé, les forces acquises par ce moyen étant de peu de durée, & l’exer-
cice lui-méme dangereux (a). Une .particularité fort recommandable dansl’éducation des jeunes Egyptiens étoit, qu’on leur enfeignoit à avoir beau-coup de respect pour ceux qui étoient plus âgés qu’eux, à fe lever en leurprésence, & à íe retirer à leur approche; coutume qui étoit aussi en usa-ge à Sparte (b).
Nourriture Pour ce qui regarde la diète des Egyptiens , nous croyons devoir ajouterër Eruga- ici aux observations déjà faites fur le même sujet, que c’étoit une honteparmi eux de manger da pain d’Orge ou de Froment; & qu’au-lieu decela, ils s’en faìfoient d'une espèce de Grain, nommé par quelques-unsOlyra, & par d’autres Zea, en François Epeautre. Ils nommoient ce paincollejìis , apparemment à cause de sa qualité glutineufe (c). Leur Boissonordinaire étoit, comme elle est encore à présent, seau du Nil, qui est siagréable au goût,& si propre à engraisser ceux qui en boivent,qu’ilsn’endonnoient jamais au Bœuf Jpis , de peur qu’il ne devînt trop gras (d). A-la-vérité l’eau de cette Rivière est bourbeuse ; mais les Egyptiens ont fart dela clarifier en frottant le vaisseau où elle est avec des amandes pilées (e).Leur boisson la plus exquise, ou leur vin, comme Hérodote l’appelle, étoitfaite d’Orge; parce qu’anciennement il n’y avoit point de vignes dans lePays (/) ; ou plutôt, parce que les Egyptiens n’en cultivoient pas, n’y enayant même encore à présent que dans la Province de Fioum (g). Ainsivraisemblablement nous devons à ce Peuple l’invention de la Bière.
Les Egyptiens s’abstenoient de manger de plusieurs sortes d'Animaux,en diverses parties du Royaume, suivant les différentes Divinités qu’ilsadoraient : mais ils s’accordoient tous dans l'aversion qu’ils avoient pourla chair de Pourceau ; chair si impure, à leur avis , que si un hom-me avoit seulement par accident touché un de ces animaux , il étoitobligé de se plonger d’abord tout habillé dans la Rivière. Pour cette rai-son , les Porchers seuls parmi les Egyptiens n’osoient pas entrer dans lesTemples : outre cela, aucun homme n’auroít voulu donner fa fille enmariage á quelqu’un de cette profession, ni en épouser la fille; ce qui ré-duifoit toutes les familles des Porchers à la nécessité de ne contracter desmariages qu’entre elles. Ils mangeoient du Poisson salé, ou séché au So-leil; des Cailles,des Canards, & des Oiseaux de moindre taille, conservésdans du sel, fans autre préparation: ils mangeoient tous les autres Oiseaux
Leur hor-reur pourle Pour-ceau.
00 Diodor. L. I. p. 72.
(O Herod. L. II. c. 45. Valet. Max. L.
V. c. 5.
(0 Her °d. ibld.
(O Flmaá de Isid. & Ofirid. p. 353 -(/) Sicard, Méra. des Miss. Vol. II. ?-(/) Herod. L. il. c. 45.
(F) Lucas, Vol. II. p. rrS.