DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE,Chap.III. 39rcorrompu, entroit dans quelque autre Animal ; & , après avoir parcouru se C t . ir.ainsi les différences sortes d’Animaux, qui habitent dans l’Air , fur la Ter- m wuts ^re, & fous l’Eau, revenoit dans un Corps humain , après une révolution Coutumesde 3000 ans ( a ). Pour cet effet ils appelloient l’Art à leur secours , pour à Egyp-conlerver les Corps aufîî longcems qu’il étoit possible, afin d’obliger les tiem 'Ames à leur venir tenir compagnie , <k à ne fe pas hâter de passer dansd’autres Corps (/>): & comme les Cadavres , par les moyens qu’ils em-ployoient pour cela, duroienc longtems, ils n’épargnoient ni peines ni dé-penses dans la construction de leurs Sépulcres, qu’ils nommoient leurs De-meures éternelles ; pendant qu’ils s’embarraífoient très. peu de la structure deleurs Maisons, qu’ils appelloient des Hôtelleries , dans lesquelles ils ne lo*geoient que peu de tems,au-lieu qu’ils restoient dans les autres une longuefuite d’années (c).
Quand un Homme de quelque considération venoit à mourir, toutes les De leurFemmes de fa famille fe barbouillèrent le visage & la tête de boue ; en Demi.fuite, laissant le corps au logis, elles parcouroient les rues de la Ville,fe lamentant, & fe frappant e'Ues-mêmes, accompagnées de toute leur pa-renté du même sexe. Ces Hommes formoient en même-tems une autrecompagnie, & témoignoient leur douleur de la même manière. Témoigna-ges que tous les Parens continuoient jufqu’à ce que le Corps fût enterré ;s’abstenant en attendant du plaisir de fe baigner, de boire du vin, de man-ger des mets délicats , & de porter des habits magnifiques. La prémièrelamentation étant faite , le Corps étoit apporté à ceux qui faiforent pro-fession de l’Art d’embaumer, qu’ils apprenoient de leurs Ancêtres, toutcomme les autres Métiers. Ceux-ci montroient à la Famille du Défunt di-vers modèles faits de bois & peints, avec un billetfur lequel étoit la sommeque devoit coûter chaque préparation, & leur demandoient laquelle ils vou-aient ; car il y avoit trois différentes manières de préparer les Corps pourla sépulture. L'une étoit excessivement chère , & mon toit à un Talentd’Argent, ou environ 258 livres st. 6. f. 8- d. La seconde étoit d’un prixplus raisonnable, c’est-à-dire , d’ènvíron la quatrième partie de la sommeque nous venons de marquer. Et la troisième, qui n étoit que pour les pau-vres gens, ne coutoit presque rien.
Ce point préliminaire étant réglé, ceux dont la fonction étoit d’embau- d<? hunmer le Corps, commençoient par en ôter la cervelle, qu’ils tiraient par les Embau -narines à Laide d’un instrument de fer, & remplifíoient le vuide aveccertaines drogues. Alors un deux , qu’ils appelloient le Scribe, marquoit,fur le côté gauche du ventre, jufqu’où dèvoit être faite l’rncision. LePara/chijìes, du département de qui il étoit de faire l'ineision , ayant prisune Lierre d’Ethiopie bien affilée, ouvroit le Corps , autant que l’ordon-
August. Serm. de di\’erfís,&Pfé. in Plisedon.(.c) Diod, L. I. p. 47.
(a) Ilerod. L. II.
(é) Servius in Virgil. à 3. v . 6/.