Sect. 11.Mœurs &Coutumesdes Egyp-tiens.
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392 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.noit la Loi, & s’enfuyoit immédiatement après le plus vite qu’il lui e'toiÇpossible, poursuivi par tous ceux qui étoient présens, qui outre cela lu*jettoient des pierres, & le maudissoient, afin que l’exécration tombât furlui ; car ils regardoient comme un Crime abominable de blesser un Corpsmort , ou d’y faire quelque violence : mais les Taricheutœ , ou Embau -’ meurs , étoient extraordinairement estimés & respectés, conversant avecles Prêtres, & étant admis avec eux, comme personnages d’une saintetédistinguée, dans les endroits les plus sacrés de leurs Temples. Quandceux-ci venoient pour embaumer le Corps, un d’eux y fourroit la main parla playe , & en tiroit tous les intestins, hormis le cœur & les reins.Un autre nettoyoit toutes les entrailles, les. lavant avec du vin de Palmier,& les parfumant d’odeurs aromatiques *. Après cela on remplissoit leventre de Myrrhe pilée , de Casse , & d’autres Drogues odoriférantes,(l’Encens seul excepté); & Tincision ayant été fermée par une couture,on oignoit soigneusement , le Corps avec de l’huile de Cèdre & d’autreschoses: le laissant ensuite-là pendant plus de 30 jours, ou bien le met-tant dans du nitre pendant 70 jours , qui étoit l’espace de tems le pluslong qui fût permis. Ce terme étant expiré, ils lavoient tout le Corps,&serroient des bandes de fin Lin autour de chaque partie, qu’ils couvroiencaprès cela de gomme. Tout cela se faisoit sans défigurer le Corps ; telle-ment que les poils mêmes reíloient fur les sourcils & fur les paupières, &que les traits du visage étoient assez conservés pour qu’on pût reconnoîtrela personne f. Les Embaumeurs n’ayant plus rien à faire au Corps, les Pa-ïens le recevoient d’eux, & le mettoient dans un cerceuil de bois, fait enforme d’Homme. qu’ils mettoient debout contre la muraille du Bâtiment des-tiné à cet usage H. Car plusieurs Egyptiens gardoient leurs Morts chez eux
fur
* Plutarque assure que' quand le ventre étoit ouvert, ils l’exposoient prémiêrement auSoleil, & jettoient ensuite les boyaux dans le Nil, comme étant ce qui souille le Corps (1).
-f Ceci tient un peu de ['incroyable , quand on considère que la chair du visage doitavoir été dessechée par le sel ; mais un témoin oculaire nous assure , qu’il a vu en Egyp .te quelques Corps embaumés, ou Mommies, comme on les appelle à présent, qui avoieutencore leurs cheveux , leur barbe & leurs ongles, les bandes qui couvroient la tête &les pies étant pourries (2).
§ Nous demandons permission d’âjouter à la Description d’Hérodote & de Diodore , re-portée ci-dessus, quelques observations fur ces Mommies, qu’on transporte très souventà'Egypte dans d’autres Pays. -
Les cercueils dans lesquels elles se trouvent, sont sort épais, & ordinairement faits dsSycomore , qu’ils appellent en Egypte Figuier de Pharaon , & qui 11e pourrit pas si aisé-ment que d’autre bois. Le sommet du cercueil est ordinairement taillé ,en forme de tête,avec un visage peint dessus , qui a l’air d’êrre celui d’une femme: le reste est toutd’une pièce ; & au bas il y a un large piédestal, pour que le tout puisse se tenir deboutdans l’endroit où on le place. Quelques-uns de ces cercueils font parsemés d’iliérogly-phes très joliment peints, - -
Les
(1) Plut, apud Gteaves Tyramidogr. p. 4p. (t) Voyages de Mr, de Eicves,