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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. IIL 393fur terre (a) dans de magnifiques Appartemens , ayant par ce moyen le §^1-. ilplaisir de contempler ies traits de leurs Ancêtres, qui étoient morts plusieurs M œurs gsiècles avant leur naissance ; & il leur arrivoit souvent d’apporter le corps Coutumesdesséché d’un Ami , pour occuper la place d’un Convive dans leurs Fes- à Egyp.tins (/-). La manière d’embaumer, dont nous avons sait la description , tiem 'étoit la plus chère de toutes. Ceux qui ne pouvoient ou ne vouloient pasfaire tant de dépense, se contentoient d’une préparation plus ordinaire,qui se faisoit en seringuant de l’huile de Cèdre par la voye ordinaire, sansouvrir le ventre, ou fans en ôter les boyaux ; à en mettant le corps dansdu nitre pendant 70 jours; au bout deíquels ils laissoient sortir l’huile deCèdre parle fondement, laquelle par une propriété particulière, amenoitavec elle toutes les entrailles, mises en pièces & pourries; le nitre ayantconsumé la chair, & n’ayant rien laissé que la peau & les os. Et quandcela étoit fait, ils donnoient le corps aux parens, fans rien faire de plus.

La troisième & dernière méthode de conserver les Morts , dont on ne fefervoit que pour des gens de la lie du Peuple, consistoit à nettoyer Je ven-tre par des injections , & en laissant Je corps dans le sel durant 70 jours,après quoi on J’en ôtoit (c). Les épouses des grands Seigneurs, & toutesles femmes qui avoient été belles & chéries de leurs parens, n étoient pasdonnées d’abord après leur mort à ceux qui exerçoienc la Profession d'em*

(a) Cicer. Tisse. Qutest. L. I. c. p. (c) Herod. L. II. & Diod. L. I.

(S) Lucian. de Luctu.

Les Corps, tels qu’on les trouve à présent, sont enveloppés dans un drap mortuaire delinge, auqnel tiennent diverlês bandes de linge auíii , fur lesquelles il y a des Caractères 8 a-cïés. Ces Bandes sont ordinairement placées le long du ventre & des côtés , ou bien furles genoux & les jambes. La face est couverte d’uue forte de casque sait de linge enduitde plâtre, sur lequel le visage de la personne est représenté en or : & les piés ont auíïïune semblable couverture , parsemée d’Hiéroglyphes, & façonnée comme une pantoufle,tout le corps est emmailloté avec d’étróites bandes de linge, commençant par la tête, &finissant par les piés ; & ces bandes passent tant de fois autour des diverses parties ducorps, qu'il en fàut tout au moins mille aunes pour une feule Mommie. Celles qui cou-vrent la tête & le visage , sont fi bien agencées , qu'elles n’empéchent pas de voir lesyeux , le nez , & la bouche. Sur la poitrine il y a un linge découpé à languettes , ri-chement peint & doré, fur lequel fe voit ordinairement le visage d’une femme ayant lesbras étendus.

Le dedans du corps est rempli de Drogues de la confidence , couleur, & senteur de lapoix, qui íê fondent par ia chaleur du Soleil. Dans le crâne d'un de ces corps, furenttrouvées environ deux livres de cette composition , qui n’ont pu certainement y être infu-sées que par les narines , comme l’asstire Hérodote, lit la langue d’une de ces Mommiesayant été pesée , fut trouvée ne pas peler sept grains , poids d’ Angleterre (t)- Quelquescurieux ont cherché envain dans ces Mommies la Pièce de monuoie qu’on prétend qUe^lesanciens Grecs mettoient dans la bouche des morts, pour payer à Choron leur passage (2). D'a ti-tres assurent néanmoins, que la plupart de ces corps embaumés ont fous la langue une Piè-ce d’or de la valeur d’environ deux pistoles (z).

(j) Theven. Voyag. Tem. II. c . «. Greave’s (ì) Buncthst apud Thmnot, Relat. -Paît. I.Îvrîíiuiôoí'r. p. 49 » 5 °* p, 25*

(2) GaUend. de Vita Teireíc. L. IV.

Tome J,

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