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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Chap. III. 39stenoient leur pardon ; après quoi elles étoient honorablement enter-S ect. ii.rées. Moeurs N

II faut avouer que cette institution des Egyptiens par rapport aux corps Coutumesmorts, devoit naturellement encourager les hommes à la vertu, & leurdonner de '/aversion pour le vice. II est très clair que les Grecs ont tirétoutes leurs Fables touchant les Juges infernaux, & touchant les récom-penses & les punitions des hommes après leur mort, de cette pratique desEgyptiens. Mais Diodore observe, qu’au - lieu de porter les hommes à lavertu par ces fables, ils ne faisoient que se rendre ridicules aux yeux desLibertins: au- lieu qu’en Egypte la récompense des Bons, & ] a puni-tion des Méchans, après la mort, n’étoient, ni fabuleuses, ni imaginai-res, mais réelles & distribuées journellement en public aux yeux de tousles hommes (a).

Les Sépulcres, dans lesquels les Egyptiens déposoient les corps de leurs jj e íeunmorts, étoient bâtis de différentes manières, suivant la condition de la Sépulcres.personne décédée. Nous avons déja dit quelque chose de là magnificencedes Tombeaux des Monarques. Ceux des anciens Rois de Thèbes étoientplus superbes, dit - on , que tout ce qu’on peut imaginer. Les Livres Sa-crés des Egyptiens en font monter le nombre àquarante-septjmaisdutemsde Ptolomée, fils de Lagus , on n’en voyoit plus que dix-sept, dont la plu-part étoient presque tombés en ruïne, loríque Diodore visita ce Pays dans laCLXXX. Olympiade. Nous nous sommes assez étendus fur les Pyramides,qui surent bâties dans le même dessein ; & nous aurons occasion dans lafuite de parler du Sépulcre d ’OJymandyas. Les Egyptiens , de moindrequalité , creusoienc à grands frais des Grottes souterraines dans les ro-chers ; telles que font celles qu’on trouve dans les Déserts de Libye , con-nues fous le nom de Catacombes , & dont les Voyageurs parlent tant. Onentre dans ces Grottes par un puits quarté; & pour descendre on metles piés dans les trous faits exprès pour cela. Les puits ne font pas d’é-gale profondeur; mais ceux qui le font le moins, ne laissent pas d’avoir,depuis le bas jusqu à /entrée , six rois la hauteur d un homme. Aufond du puits il y a une ouverture quarrée, & un passage de la longentde dix ou quinze piés, qui conduit dans différentes chambres de figurequarrée, dont chaque côté est ordinairement de vingt piés; & au milieude chacun des quatre côtés de la chambre est un banc, qui fait partie duroc fur lequel les corps embaumés font placés. A leur tête , il y apresque toujours quelque Idole; aux piés, l’Image de quelque Oiseau, &sur les murailles plusieurs Hiéroglyphes, qui fervent peut-être d’Epitaphes.

Outre les principaux corps, il y en a de moindres, & en particulier ceuxde quelques enfans qui font fur le pavé. Quelquefois il y a jusqu’à vingt-cinq ou trente de ces Chambres ou Grottes, qui ont communication lesunes avec les autres; & c'est toujours par un seul & même puits qu’ondescend dans toutes (/,). Les pierres, dont Strabon vit un grand nòmbredans une plaine entre Hyène & Philce, font aussi regardées par quelques 8a-

(S) Burrettini ap. Thevenot,Relat. Part. I.p. 25Eee 2

O) Diod. Sic. L. I. p. 82. &c.