Buch 
1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
Seite
404
JPEG-Download
 

Sect. 11.

Mœurs bCoutumesdes Egyptiens.

Leurs au-tres Arts.

Naviga-tion des

EgyptiensJur le Nil

404 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

presque inexplicables, comme nous le ferons voir dans la fuite. Cepen-dant, la plus grande partie des effets attribués à cette forte de Magie n’ontété qu’imposture & qu’illusion ; & les exemples de ce dernier genre fontsi manifestes & si fréquens, q u'on est en quelque sorte tenté de faire de la_ fourberie une solution universelle.

Nous avons déjà eu occasion de parler de quelques autres Arts moinsconsidérables des Egyptiens (a). Les Ecrivains Grecs nous apprennent,qu’aucune profession ne paflòit pour ignominieuse en Egypte. Les La*boureurs, & ceux qui nourrissoient du Bétail en particulier , étoientbeaucoup considérés (/-) ; quoique ceux-ci, dans quelques endroits duPays, ne fussent pas fousserts, mais regardés comme abominables (c);ce qui venoit principalement de la différence en fait de Religion. Pource qui regarde l’habileté des Egyptiens en fait d’Architecture, de Mé*chanique , de Peinture , & de Sculpture, nous croyons q u'il suffirade renvoyer nos Lecteurs à ce qui a été dit dans la Section précéden-te. Par rapport à !a dernière néanmoins, nous ajouterons que les Sta-tuaires Egyptiens travailloient suivant les règles de la plus exacte propor-tion, & non pas à l’ceil, comme faisoient les Grecs. Car ils divisoienttout le corps en vingt & une parties & un quart ; & après que les Ar.tisans étoient convenus de la taille de ia statue, ils s’en retournoient chezeux, chacun d’eux ayant fa tâche, dont ils s’acquittoìent avec tant d’a-dreífe, que l’exacte proportion que toutes les parties avoient les unesavec les autres étoit quelque chose de merveilleux. On assure que lesplus fameux Statuaires de l’Antiquité ont passé quelque tems en Egypte;particulièrement Télèclès & Théodore , les fils de Rhœcus, qui firent la fa-meuse statue à'Apollon Pythien à Samos , à la manière Egyptienne. Cettestatue étoit divisée en deux parties, depuis la tête jusqu'a ux aines. Té-lèclès travailla une moitié à Samos , & son frère l'autre moitié à Ephèfe ;& ces moitiés, étant jointes ensemble, s’ajustérent si bien, qu’on les au<roit attribuées à un seul & même Ouvrier: & ce qui rendoit encore ceChef-d’œuvre digne d’une nouvelle admiration , étoit l’attitude de lastatue , dont les mains étendues , & les piés placés à une certai-ne distance l’un de l’autre, repréfentoient une personne en mouve-ment ( d ).

Nous aurions presque oublié de faire mention de la construction extraor-dinaire des Vaisseaux dont les anciens Egyptiens se scrvoient fur le Nil.Leurs Vaisseaux de charge étoient faits de bois à'Acanthe (§). ]J S j 0 j.' gnoient ensemble des planches de ce bois comme on fait les tuiles, &les attachoient l’une à l’autre par le moyen de plusieurs chevilles ; quand letout tenoit bien, ils y ajoutaient des bancs pour les rameurs. Ils

(-r) Supr. p. 3 66 , 387. CO D’od. Sic. ubi supra p. 38 .

CO Diodor. Sic.' L. s, p. 67. &c. (e) Supra p. 2ZL.

CO Gen. XLVI. 34-