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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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Sect. XI.

Mœurs &Coutumesdes Egyp-tiens.

406 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. J'mens ( a ), qui subsistoient encore du tems de Froclus , ou peu aupara-vant (b). Us étoient dans de certains appartemens souterrains près deThèbes (c). A ces Inscriptions succédèrent les Livres Sacrés, moins anti-ques à-la-vérité que les autres, mais non moins fameux, auxquels on pré-tend que Sanchontathon (d) & Manet hon (e) ont aussi eu recours pour per-fectionner leurs Histoires. Car ces Livres ne contenaient pas seulementce qui avoit rapport au culte des Dieux, & les loix du Royaume, maisdes Collections Historiques, & même toutes sortes de sujets importans,Philosophiques & autres; l’Emploi des Prêtres, ou des Scribes Sacrés,lesobligeant à coucher par écrit dans ces Regîtres publics touteequiméritoitd’être transmis à la Postérité, comme aussi de conserver soigneusement toutce qui leur avoit été transmis par leurs Ancêtres (/).

Tels étalent les Monumens Litéraires des Egyptiens. De chaque forte ily en avoit quelques-uns qui étalent clairs & faciles à entendre; &d’autresobscurs & mystérieux, qui étaient gardés dans les appartemens intérieursdes Temples, & communiqués à un très petit nombre de Personnes. Caril y avoit deux sortes de Sciences parmi les Anciens, & particulièrementles Egyptiens, l’un e vulgaire, & l’autre secrette; dont la différence consis-toit moins dans la matière, que dans la manière de les proposer (g). Lapremière était ouverte à toutes forces de Personnes, qui pouvaient y êtreinstruites, par les Monumens publics, & par les Maîtres ordinaires;maisl’autre étoit voilée & déguisée en différentes façons, de peur qu’elle ne tom.bât dans le mépris, ou qu’elle ne se corrompît en passant par des mainsvulgaires. Les Monumens fur lesquels étaient gravées les Sciences lesplus sublimes, outre qu’ils étaient placés dans les appartemens intérieursdes Temples, étaient parsemés de caractères que le Peuple n’entendoìdpas : & Tailleurs, les Prêtres ne permettaient que très difficilement qu’onen approchât, ik. ne voulaient expliquer les caractères dont il s’agit qu’àceux qui y étaient préparés & comme initiés par un grand nombre de Cé-rémonies (//), comme il parait par l’exemple de Pythagore. Ce Philoso-phe, ayant dessein de voyager en Egypte, pria Polycrate, Tyran àeSamos,de lui donner une Lettre de recommandation pour Mmafis Roi à’Egypte,qui étoit son Ami particulier, afin que les Prêtres lui communiquassent pluslibrement leurs connaissances les plus secrettes. Cette demande lui fut,non seulement accordée, mais Amafis lui-même lui donna des Lettres,par lesquelles il ordonnait aux Prêtres de n’avoir rien de caché pour Pythagore. Notre Philosophe s’adressa donc prémièrement à ceux d’Héliopo-lis, qui le renvoyèrent au Collège de Metnphis , comme étant composé dePersonnages encore plus respectables queux; & par ceux-ci, il fut ren-

(a) Euseb. Prœp. Ev. L. I. c. 9. 10. &Chronic. Gra;c. p. 6.

(D Proclusdp. Bumet. Archœol.L. I c. 8.(<0 Pauíàn. L. I. p. 78. Ammian. Marcell.L. XXII. p. 2 Z2.

QJ) Euseb. I-rs-'p. Ev. L. I. c. p.

(e) Joseph, contr. Apion. L. I.

(/) ld ibid. Plat. iii Tira. Strab. L. XVII.P- iZ9

(g) Supr. p. 98.

[h) Plutarch. de Ifid & Osirid. p. 354»Strab. L. XVII. p. 1159.