DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE, Ciup. III, 4 o rvoyé à Ti;èbes, fous le même prétexte. Après bien des défaites,craignant $ Kcr I{d’irriter le Roi par de nouvelles excuses , ils tâchèrent de détourner fy- Mœurs .3*thagore de son dessein, par les incommodités infinies qu’i! auroit à essuyer ; Coutumeslui imposant, dans son Noviciat , des choses très incommodes , & con -^traires à la Religion des Grecs (a). Après qu’i! eut souffert toutes ces tiens 'épreuves avec un courage invincible, il les força à la fin,malgré eux,del’initier à leurs mystères sacrés , & de lui communiquer leurs connoissan-ces les plus sublimes {b).
La dernière méthode, qu’employoìent les Egyptiens pour voiler leurs Doc-trines aux yeux du Peuple , étoit en les enveloppant d’Hiéroglyphes , deSymboles, d’Allégories, & de Fables. Nous parlerons dans l’instant desfigures hiéroglyphiques. Pour le reste, personne n’ignore que les Anciensen général avoient coutume d’envelopper leurs instructions de fictions Scd’allégories ; coutume dont on trouve tant d’exemples dans les Ecrivainssacrés & profanes, qu’il seroit superflu d’en alléguer. Aucun Philosophe dansles prémiers tems, soit parmi les Grecs , soit parmi les Barbares , n’a ensei-gné quelque partie de la Philosophie d’une manière claire Si intelligible (c) »comme craignant de paroître manquer de pénétration en exprimant les cho-ses d’une manière aisée & familière ; ou bien s’imaginant qu’il ne falloicpas exposer la vérité toute nue aux profanes regards du Vulgaire. Les E-gyptiens semblent avoir surpassé les autres Nations dans l’obscurité de leursfictions, dans lesquelles les traces du vrai font souvent si foibles,qu’il fautavoir la vue bien bonne pour les appercevoir, & pour distinguer des véritésimportantes d’avec des sottises (d).
Dans leurs Inscriptions, aussi-bien que dans leurs Ecrits, les Egyptiens seservoient de trois différentes sortes de caractères. La prémière Sc la plusancienne consistoit en figures hiéroglyphiques de divers Animaux, de diffé-rentes parties du Corps humain , & de plusieurs instrumens de Méchani-que : figures, qui composoient tous les hiéroglyphes des Ethiopiens Sc desEgyptiens ( e ) ; quoiqu’il y ait raison de soupçonner , que les Egyptiensavoient encore une autre sorte de caractères , appellés Hiéroglyphiques ,
& dont les Prêtres se servoient, peu différens des caractères Chinois à%présent (/). On prétend qu’ils font de l’invention d 'Hermès , & on entrouve un exemple dans Sanchoniathon (g). La conjecture de Marsham ,qui croit que c’est par l’usage de ces figures hiéroglyphiques d’Animauxqu’a été introduit en Egypte l’étrangeCulte qu’on leur y rendoit,n’estnul-lement destituée de vraisemblance {h) : car comme ces figures avoientété choisies pour exprimer, par les différentes qualités de chaque Animal,les quautés & les perfections des Personnes représentées, qui étoient or-
O) Supr. p. 3 g 9 .
{bj Porphyr. de Vita Pythag.
(c; Diog- Laërt. in Proœm. Phornut.cap. de Fab. anriq. trad. C le m. Alex. itroinuL. V. p. 556. Lc.
(dy Plut. Erotic. p. 762.
(e) Diod. Sic. L. III. p. 145.
C/) Porphr- de Vita Pythag. p. 12.(F) Supr- p. 250.
(h) Marsh. Can. Chroifc p.