Sect. IL
Moeurs fifCoutumesdes Egyp-tiens*
408 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.dinairement des Dieux , des Princes , ou des Héros ; le Peuple s’accoutu-ma insensiblement à ces figures , qu’on plaçoit ordinairement dans lesTemples comme images des Dieux. Or qui ne voit combien il est na-turel & aisé de passer de-là à une vénération superstitieuse pour les Animauxmêmes? Cette opinion nous paroit bien plus vraisemblable, que celle d’unSavant moderne, qui suppose que les Animaux Sacrés furent prémièrementchoisis pour servir de Symboles à différens Dieux, & ensuite employés enHiéroglyphes (a).
Les Antiquaires ont ramassé une grande quantité d’Inscriptions Hiérogly-phiques, d’Images , & de Représentations, qu’ils ont tâché d’expliquer,mais avec beaucoup plus de peine que de bonheur (£). Car si nous enexceptons un petit nombre de ces caractères, dont la signification nousa été conservée par d’anciens Ecrivains *, il n’y a pas grand fonds à fairefur toutes leurs conjectures, & particulièrement fur celles qui regardentles figures qu’ils supposent représenter les anciens Dieux d 'Egypte. La plusgrande partie de ces figures ont une forme humaine ,avec la tête de quel-que Animal; ou bien font remarquables par quelque Animal placé fur leurstêtes, ou près d’eiles. Au-lieu de cela , comme nous l’avons observé , desimages de forme humaine n’ont été introduites que fort tard parmi lesEgyptiens. Peut-être que les figures, dont nous venons de parler, ont étéfaites en mémoire de quelques Grands-hommes, puisque c’étoit l’anciennecoutume Egyptienne de représenter, non pas la personne d’un homme, maisses manières, son humeur, ou ses fonctions (c); & le tout par des hiéro-glyphes.
Outre les caractères dont nous venons de parler, les Egyptiens enavoient dune autre forte, qui consistoient en Lettres, dont les unes, qu’ilsappelloient sacrées , n’étoient en usage que dans leurs Régîtres publics , &que lorsqu’il s’agissoit de mettre par écrit les matières les plus importantes& les plus sublimes; & dont les autres, connues fous le nom de vulgaires ,fer voient dans le commerce ordinaire de la vie (d). Au reste, les.Egyptiens n’ont pas été le seul Peuple qui ait observé une pareille distinc-tion en fait d’Ecriture : plusieurs Nations Orientales , particulièrement lesEthiopiens & les Babyloniens , avoient deux différentes espèces de let-tres
(a) Shuckford, Connect. Vol. II. p. 331. Connect. Vol. II. p. 348. Scc.
&c. (</) Herod. L. II. Diodor. L. I. p. 72 Clera.
( b ) Kircher. Oedip. Montfaueon , Autiq. Alex. Strom. L. V. p- 555 * Porphyr. de Vica
expliq. Piguorii Meus. isiac. &c. Pythag. p. 185.
Çe) Pi u r, Erotic. p. 762. & Shuckford,
* C’est ainsi qu’ils représentoient le Dieu suprême, par an Serpent qui avoir la tête d’uhFaucon (1). Le Faucon lui-même étoic le hiéroglyphe d’Osiris \ ('Hippopotame , celui deTyphon ; le Chien, celui de Mercure ; le Chat , celui de Diane ou de la Lune , sËI'carbotcelui d’un vaillant Guerrier; un Enfant nouveau-né, celui du Soleil levant, & ainsi desautres (2).
(1) Eustb de Pracp Ev. L. III. p. 4k.
O) îu-t, de lud. St Osir. Diod, U III. p,
I4í* Clem. Alex. Strom. L. V. p. s íg .