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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEX ANDRE, Chap. III. 465tagéune petite somme, qui étoit employée à dédommager ceux des terres Sect. v.desquels le Nil avoit emporté quelque partie en se retirant. Celui à qui r 0 ì s ,ì'K.ce malheur arrivoit, ajoute l’Historien que nous citons, n’avoit qu’à en in-M"

former le Roi, qui envoyoit aussitôt des gens chargés de mesurer la dimi--

nution des terres : emploi auquel nous devons l’invention de la Géomé-trie (a).

Sa conduite à l’égard des Princes qu’il avoit vaincus, & qui venoient lui Son info-payer tribut, est remarquable pour son insolence ; puisque dans cer- len:e ‘raines occasions il faisoit ôter les harnois de ses Chevaux, & en chargeoitquelques Rois, qu’il obligeoit ensuite à tirer son Chariot (b). Cette arro-gante Cérémonie se renouvelloit de tems en rems: mais un jour , un desRois qui en traînant le Chariot de Sésojlrìs , en considérait attentive-ment les roues, fit naître au Conquérant l’envie de savoir ce qui obligeoitle Prince vaincu à tourner la tête & à regarder si fixement derrière lui. ORoi ! répondit à cette question le Prince attelé , le tournoiement de la roueme rappelle les vìciffitudes de la Fortune; car comme chaque partie de la roueest tour à tour en haut en bas , il en est de-même des hommes , qui astisW jour fur le Trône , se voient réduits le lendemain au plus honteux Esclavage.

Cette réponse frappa si fort le fier Monarque , quë depuis ce jour il re-nonça à cette orgueilleuse coutume. Cependant s’il s’oublioit ainsi quel-quefois, il ne laissoit pas de traitter ordinairement ses captifs avec beau-coup de modération & d’humanité. A la fin il perdit la vue, & se donna Devientlui-même la mort (c). La manière dont il mourut fut exaltée par les Pr aveugle,tres comme un acte de la plus haute magnanimité (d); & pour que rien meurt ‘ne manquât à son Histoire , ils prétendirent que le Phœnix vint à Thèbcsdurant son Règne (e). Par tout ce que nous venons de rapporter touchantSéso/tris, il parait qu’il fut le prémier qui partagea Y Egypte en Gouverne-mens, & qui en rangea les habitans en différentes classes; qu’il fut le pré-mier Roi Egyptien puissant par Mer ;& qu’il fut le prémier Fondateur d’ungrand Empire. Justin dit que content de la gloire de ses Conquêtes, il neprétendit jamais régner fur les Peuples conquis (/); mais c’est de quoid’autres anciens Ecrivains ne demeurent point d’accord.

Phéron, Fils d eSésostris, succéda à son Père. On le trouve aussi défi- Phérono»gné par le nom de Séjbosis [ Sésostris ] IL L’Histoire de son Règne , telle Sésoítrìs ilque nous savons, a tout-à-fait l’air fabuleux. II ne signala point soncourage par des exploits guerriers, mais il eut de commun avec son Père lemalheur de perdre la vue. Quoiqu’on pût regarder cette perte commeune infirmité héréditaire, on n’a pas laissé d’en attribuer la cause à son im-piété envers le Nil. Car un jour, que les eaux de ce Fleuve a voient mon-té à une hauteur extraordinaire, il se mit dans une telle colère , à l’occa-íìon d’un vent qui troubloit les eaux, qu’il lança insolemment une javeline

(a) Herod. L. II. (/) Diod. L. I. ubi supra.

(A) Diod. L. I. p. 52. (e) Tacit. Ann. VI. p. 154.

(c) Diod. ubi supr. p. ZZ, Pliu, Hist. Nat. (J) J uslin * L. I. V.

L. XXXIII. c. z.

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