DE L’EGYPTE JUSQU’AU TËMS D’ALEX ANDRE, Chap. IIL 467
du Désert entrèrent en Syrie: après quoi Ja crainte des Assyriens les porta Sect. V.à bâtir en Judée une Ville forte nommée Jérusalem. Ceci semble favoriser r 0 ì s m.le sentiment de ceux qui croyent que ces Bergers ont été les Israélites : gypse.
mais comme l’Histoire Egyptienne est couverte des plus épaisses ténèbres;- l *“
non seulement pour le tems dont il s’agit, mais même pendant quelquesSiècles suivans, nous ne dirons autre chose, sinon qu’il paroit clairementpar le récit de Moyse , au témoignage de qui nous croyons devoir ajouterfoi, que ces Bergers ne fauroient avoir été les Israélites. Le Roi, dont ilest question, s’appelloit Amofis, Thummofis , Tethmnfis , Thomojìs , & Thé-mofis , le fils de Halisphragmuthnjis. Un Amofis abolit la coutume de sa-crifier des hommes à Junon dans la Ville d 'Héliopolis, & avoit substitué àleur place des Images de cire. Ces Images étoient examinées & scel-lées comme les veaux, & on les appelloit Typhonìennes (a). On en bru-loit trois par jour, & leurs cendres étoient répandues de manière qu’onn’en appercevoit plus aucuns restes : Cérémonie qui se renouvelloit en pu-blic chaque année, pendant touc le tems que duroit Ja Canicule, dans laVille à'idithya {b).
Pour ce qui concerne les 200000 Pasteurs , que Manethon dit être venusde Jérusalem au secours des Egyptiens lépreux fous la conduite à'OJarfiph,ik.les guerres qu’ils eurent à soutenir contre Aménophis Roi d’Egypte, nousren*voyons nos Lecteurs à la réponse de Jofèphe à Appion;ne sachant dans quelendroit de l'Histoire Egyptienne nous pourrions placer ces évènemens, queJofèphe traite de fabuleux (c).
Revenons àAftisancs: ce Prince réunit fous son Gouvernement l’ Egypte Actifânes,& Y Ethiopie. II soutint sa prospérité avec beaucoup de modération & de Ethiopien,prudence, & se conduisit avec une extrême douceur à l’égard de ses nou-veaux Sujets. 11 fit faire une recherche générale de tous les Voleurs Egyp- u em<netiens , & ordonna qu’on leur coupât le nez, & qu’on les envoyât dans la /»«; i e ?partie la plus reculée du Désert entre la Syrie & Y Egypte, où il commanda Meursqu’on leur bâtît une Ville appellée Rhinocolura , à cause de la mutilation de k-Nsàses infâmes habitans. Cette Contrée étoit si stérile, qu’elle fournissoít à coiu»." 9 'peine quelqu’une des choses nécessaires à la conservation de la vie; puisquemême le petit nombre de Puits & d’Etangs qui s’y trouvoìent ne contenoitqu’une eau salée & amère. 11 les relégua dans cet endroit, afin qu’ils fus-sent hors d’état de faire aucun tort aux honnêtes gens, avec qui fans celails fe seroient trouvés mêlés. Mais quelque triste que fût leur situation , lanécessité, mère de l’ínvention, leur enseigna l’Art de faire de longs filetsde roseaux, avec lesquels ils attrapoient un nombre de Cailles suffisant pourleur nourriture (d), dans le tems que ces Oiseaux venoient par troupesde vers les Côtes de la Mer.
Jftisanes mourut, & laissa par-là aux Egyptiens la liberté de fe choisir un Memîes
ou Marti*.
(a) Joseph, contra Apion. L. I. p. 35a, &c. (c) Josephus ubi supr.
\b) Manetho apud Porph, de Abstirj. L. II. (<Ó viod. L. I. p. 55.
c. 55 -
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