4 8+ HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sec r. V. Cyrénêens ; & le petit nombre, qui en rechapa, revint tout en fureur con-Ro : s d'E■ tre dptiès, comme si ce Roi les avoir envoyés à la boucherie, dans l’efpé-gysiíe. rance quêtant morts, ils ne pourroient plus traverler les desseins tyran n i-
-- ques qu’il avoir formés à l’égard du reste de ses Sujets. II ne paroit pas que
cette accusation fût fondée. Cependant elle fit unu telle impression fur lamultitude, qu'une défection presque universelle en fut i’effet, Apriès ,ayant appris une st fâcheuse nouvelle, se flatta d’appiiser ce tumulte, enenvoyant aux f'ebelles, qui formoient un Corps considérable, & qui par-loient déjà de fe soustraire entièrement à son obéissance, un Ami fidèle, &Eíl trahi ss" fût en même tems respecté du Peuple. Ce prétendu Ami, qui s’appel-par Ama- loit Amasis , alla trouver les Révoltés; mais au-lieu de les appailer, commelis. il en avoir la commission, il tâcha de gagner leur bienveillance pour ìui-mëme. Ce projet fut exécuté d’une manière adroite; car dans le tems qu’ilfaisoit semblant de leur reprocher leur révolte, un d’eux vint par derriè-re, lui mit un casque sur la tête, & le salua comme Roi à'Egypte\ & de-puis cet instant Amasis fe prépara à faire la guerre à son Maître (a). A-priès , se voyant si vilainement trahi, ordonna à un certain Patarbémis , leplus considérable de tous les Egyptiens , qui lui étoit encore attaché, d’ailerau Camp des Rebelles, & de lui amener Amasis en vie. II obéit, étantarrivé à une certaine distance d ’Amasis, il lui cria de venir avec lui trouverle Roi. Le nouveau Roi, qui étoit à cheval, fe leva tant soir peu , & ré-pondit à cette sommation par un vent, toujours impoli, mais insolent danscette occasion , qu’il le pria de reporter à son Maître. Nonobstant cela,Patarbémis le pressa de-nouveau d’obéir à l’ordre du Roi ; mais toute la ré-ponse qu’il en put tirer fut, qu’à - la - vérité il s’étoit déjà préparé depuisquelque tems à lui rendre visite, mais que pour faire la chose d’une maniè-re décente, il avoic dessein de le venir trouver avec une fuite convenable.Patarbémis en avoic trop entendu & trop vu, pour s’imagintr pouvoir réussirdans fa commission: ainsi il conclut, que le meilleur service qu’il pour-roit rendre à Apriès, étoit de lui faire au plutôt rapport de l’état des cho-ses. II s’en retourna dans ce dessein ; mais quand le Roi le vit revenir sensAmasis , il ne lui dit pas un seul mot, mais commanda qu’on lui coupât lenez & les oreilles. Un trait de tyrannie si abominable acheva de ruinerses affaires , puisque tous les Egyptiens, qui lui a voient été fidèles jufqu’a-lors, voyant la mutilation inhumaine d’un Personnage respectable par fanaissance & par son attachement à la personne de son Prince, lé déclarèrenteíl faveur d 'Amasis. Pendant que ceci se passoit, l’U(urpateur&le Tyran scpréparèrent à la guerre; le prémier ayant pour lui tous les Egyptiens, &l’autre seulement les Soldats Cariens , Ioniens , & autres Etrangers, qu’ilavoic engagés à son service (b).
II est très probable que Nébuchadnezzar , qui leva vers le tems dontchacinezzar il s'agit, le siège de lyr, qui avoit duré treize années, & qui n’eut à laravage & fi n P0 ur toutes ses peines qu’un morceau de ruines , profita de ces divisions,pille /’íì-gypce.
(«) Herod. L. II. Diod. L. I. P. 62. (f) Ilerod. ubi íùpra.