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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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SffCT. V.Rois d’E -gypte.

486 HISTOIRE ASIATIQUE, Liva. I.

Nous savons qu’on a prétendu que ce ne fut pas de cette manièce qu’^f-majis monta fur le I rône , & qu’ìl ne succéda point à slpriès. 11 fut Suc-cesseur, dic-on, d’un certain Partamis , voici à queile occasion. Partamiscélébrant son jour de naissance, ylmajìs qui n’étoic encore qu’une person-ne privée, lui fit présent d une belle Guirlande de fleurs: présent qui le6t admettre à la table, & considérer dans la fuite comme un des Amis duRoi» Quelque tems après il fut envoyé à la tête d’une Armée, pour re-mettre dans leur devo:r quelques Egyptiens révoltés; mais l’Armée le fitRoi, par pure haine contre Partamis («). Nous sommes portés à croire,que Partamis ici, & Partabèmis ci-dessus, est un l'eul & même homme; & ficela est, il doit plutôt avoir été l’idole du Peuple, que l’objet de fa haine.Mais fans nous étendre davantage là-dessus, nous nous contenterons dedire, qu’il ne faut pas trop se fier à l'Auteur dont nous avons tiré cesanecdotes.

A quelque Roi qu ' Amnfis ait succédé, & par quelque chemin qu’il soitparvenu à la Couronne, on demeure d’accord qu’il étoit d’une naissancecommune. Ce Prince, s appercevant que ce n'étoit qu’avec peine que lePeuple lui payoit au commencement le tribut de respect qui lui étoit dû,prit une Cuvette d’or, dans laquelle ses Conviés avoient coutume de se la-ver les pies, la fit fondre, & donna ordre qu’on en formât un Dieu. Cettemagnifique Idole fut placée dans l’endroit le plus fréquenté de la Ville, &révérée de tout le monde. Amajis convoqua alors une assemblée d 'Egyp-tiens y & leur dit que le Dieu, qu’ils adoroient à présent, avoit été faitd’un vaisseau dans lequel ils avoient souvent vomi, lavé leurs pies, & faitde seau: qu’il en étoit de-même à son égard ; qu’autrefois homme du com-mun , il étoit présentement leur Roi, & qu’il s’attendoit à être honoré &obéi comme tel. Ii avoit coutume de s’appliquer entièrement aux affairesle matin, & de í'e divertir avec ses Amis le reste du jour: mais ses di-vertissemens n’étoient pas tou jours accompagnés de toute la dignité requi-se; ce qui choqua si tort quelques-uns de ses Amis, qu’ils lui prédirent,que s’il continuoit ainsi à s’oublier, il s’attireroit le mépris de tous ses Su-jets. Sa réponse fut, que comme un Arc ne sauroit être toujours tendu,de même un homme ne sauroit s’appliquer fans relâche à des chosesgraves & sérieuses: vérité donc il étoit persuadé, qu’il partagea tou-jours son tems entre les affaires & les plaisirs. Dans le tems qu’il n’étoitencore qu’homme privé, il ne s’amuíoic qu a boire & à se divertir ; &avoit tant d’aversion pour le travail, qu’il ne subsistoic que de larcins.Ses fréquens vols lui attirèrent plus d’une accusation : mais comme ilnioit toujours le fait, on se mit sur le pié de le mener à l’Oracle du lieuoù il étoit, lequel prononçok quelquefois pour & quelquefois contre lui.Quand il fut parvenu au Trône, il se rappeìla toutes les actions de fa vie;& se souvenant de l’imposture & de l’ignorance des Oracles qui l’avoientdéclaré innocent, il méprisa les Tempsts de ces fortes de Dieux, & ne

O 2 ) Hellanic. apud Athen. Deipnosoph. L. XV. p. 680.