DE L’EGYPTE JUSQU’AU TEMS D’ALEXANDRE,Chap.III S 487leur offrit plus, ni sacrifices, ni présent. D’un autre côté, il témoigna Sect. v.avoir beaucoup de vénération pour les Dieux, dont la Véracité & la Toute- RoisScience l'a voient prononcé coupable. gypte.
il ajouta un Portique au Temple de Minerve à Sais , qui étoit de la der--—
nière magnificence, tant à l’égard de la justesse des proportions, que dela beauté des matériaux; l’ornant de Colosses , & d Images monstrueuses Ykcfdk'd’ Andro-Sphynges. Une partie des pierres de ce Bâtiment Tut prise des Car- masis.rières de Memphìs , mais les plus grandes vinrent par eau de la Cité d 'Eli-f liant is; & une grande quantité de celles-ci tut destinée à d’autres Ouvra-ges. Mais ce qu’il y a de plus étonnant, est qu’il fit transporter de la mê-me Ville à Saïs une Maison toute de pierre. Les dimensions extérieuresde cette Maison avoient vingt & une coudées de front , quatorze de pro-fondeur, & huit de hauteur: les mesures intérieures étoient de dix-huit,de douze, & de cinq coudées. Deux mille Mariniers furent employés pen-dant trois ans à transporter cet Edifice extraordinaire. II étoit placé prèsde feutrée du Temple, & ne fut jamais mis dedans : soit à ce qu’on pré-tend ,.parce que le principal Ouvrier soupira un jour de lalîitude; ce quichoqua si fort Amafi j , qui s’en apperçut,qu’il ne voulut plus lui permettred’y toucher: soit que voulant rouler la Maison dans le Temple, un des Ou-vriers fut écrasé dessous, ce qui arrêta cet Edifice en chemin. II orna demagnifiques dons les autres Temples fameux, & particulièrement celui deVulcain à Memphis , devant lequel il fit mettre un Colosse de soixante &quinze piés de longueur, renversé sur le dos; Òí fur le méme pavé où étoitce Colosse, il érigea deux Scatues de la hauteur de vingt piés, formées dela meme pierre, L placées l’une d’un côté du Colosse & l’autre de l’autre.
II y avoit à Saïs un Colosse précisément pareil à celui-ci. Pour terminercet article, il bâtit à Memphis le grand Temple d 'Isis.
Outre cela, on assure que jamais f Egypte ne fut plus heureuse que sous Etat deson Règne, tant par rapport à la fécondité procurée par le Nd, qu’a fé* ''Egyptegard du nombre des habitans de ce Royaume: nombre dont on peut jugerpar celui de ses Villes, qu’on fait monter jusqu’à 20000, & qui plus est 7 U/,x 'très peuplées. Afin de maintenir l’ordre parmi une si prodigieuse mul-titude d’hommes , Amafis .fit une Loi, qui obíigeoit chaque Egyptien à in-former une fois par an le Gouverneur de la Province comment il gagnoil favie. S’ils n’étoient pas capables de rendre un compte exact à cet égard,ou de leur conduite en généra! ( a ), ils étoient punis de mort. Cette Loi,
& quelques autres, ont mérité à Amafis le titre de cinquième Législateurà’Egypie (b).
II aima beaucoup les Grecs , & eut une visite de Solon (c). Par-dessus les II favorisefaveurs dont il combla quelques Particuliers & quelques Villes de cette Na beaucouption, il ouvrit Y Egypte à tous les Grecs , & leur permit de s’y établir pour t,m ,eìfaire Négoce, soit a la célèbre Foire de Nuucratis , soit le long des Cotes Grecs *
(a) Supr. p. 369. Herod. L. II.(/t) Diod. L. II. p. 85.
(r) Herod. L. I.