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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DES PEUPLES DE C A N A A N, Chai*. IV. S ig

Le projet qu’avoient formé les Moahites de faire maudire Israël par Ba~ s £CT> zlaam , fut cause que Dieu défendit à son Peuple de contracter des mariages Hi fl t d savec eux, comme nous savons remarqué ci-dessus (a). Mais les Madianì- Moabites.

tes , qui semblent avoir contribué particulièrement à faire tomber les IJraé ---

lites dans l’idolâtrie, furent aussi punis plus sévèrement bientôt après, com-me nous le dirons en son lieu : & Balaam fut récompensé comme il le mé-ritoit, ayant été tué par les Israélites, lorsque ceux ci eurent leur revanchede Madìan (b).

L’autre action que Moyse rapporte des Moabites, eR. qu’ils furent lesinstrumens de la seconde oppression des Israélites après leur établissementdans le Pays de Canaan. Car ce Peuple, étant fans Chef par la mort d’Otk-niel fils àeKénaz, fe replongea dans l’idolâtrie ; crime qui porta Dieu à sus-citer Eglon , Roi de Moab , pour venger cette infidélité. Ce Prince, étantentré pour cet effet en alliance avec les Ammonites & les Amalékites qui sejoignirent à lui, s’empara de la partie Orientale du Pays à'Israël', & en par-ticulier d’une Ville nommée par Moyse la Ville des Palmiers , par laquellepresque tous les Commentateurs entendent Jèrico<* , qui étoit tombée enpartage à la Tribu de Benjamin : & après avoir laissé des Garnisons pour te-rnir les habitans dans la soumission, il les obligea à lui payer un tribut, &

Jes gouverna d’une manière tyrannique pendant l’efpace de dix-huit ans.

Vers la fin de ce période, les Enfans Israël se repentirent de leur faute, &eurent recours à Dieu, qui leur suscita pour Libérateur un Benjamite nom-mé Ehud. Celui-ci ayant été député par ses Compatriotes pour porter unprésent, ou plutôt le tribut qui leur étoit imposé, à Eglon , forma le dessein determiner une oppression insupportable, en ôtant la vie au Tyran. Pour cet ef-fet il se pourvut d’une épée propre à son dessein, quoiqu’assez courte pourêtre cachée fous ses habits. Outre cela, étant gaucher, il ceignit son épée furfa cuisse droite,ce qui empêcha aussi qu’on ne le soupçonnât d’étre armé. Aprèsqu’il eut présenté le tribut au Roi, il renvoya ceux qui l’avoient apporté, &

Jes suivit jusques aux Carrières qui étoient près de Guilgal fj après quoi il

(a) Supra p. 5n. (b) Nomb. XXXI. 8. Joseph. Antiq. L. V. c. 5.

* Jérico étoit une ville fameuse , entre autres choses, par le grand nombre de Palmiersde différentes espèces qui croìsl'oient dans son voisinage C1). Josèphe dit qu 'Eglon allatenir sa Cour dans cette Ville (2) ; mais il paroit s’être trompé : car après qu’elle eutété brûlée par Josué (3) , qui maudit celui qui ia rebâtiroit (4}, elle resta eníèvelie fousses ruines jusques au tems A' Adiab (5). Cependant le lieu même pouvoit servir deretraite à une Garnison pour tenir le Pays en respect, sa situation étant très propre à

f Le mot de Pefilim , que notre Version a traduit par celui de Carrières, est rendu dansles LXX. par i , & dans la Vulgate par le terme à' Idoles, A'Images taillées, quequelques Auteurs supposent avoir été érigées par Eglon en cet endroit (6).

fi) Deut. XXXIV. 3. Joseph. deBello Jud, I>. V.

C. 4-

(z) Joseph. Antiq. I» Y. c, j.

(l) jos. VI. 24.

(4) lbid. V. ì6.

(, J t Rois XVI. 34 »

(6) Chyuseii», &e. Supra p- >34» ^ 4 ),dans lesNoria.