520 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. LSect.I. retourna fur ses pas; & ayant été admis en présence du Roi, qui se trou-'Jlijì. des voit alors dans un appartement d’Eté, il feignit d’avoir quelque secret à luiMoahites. communiquer. Eglon ordonna à ses gens de sortir, & Ehud lui dit qu’il--avoit un message à lui faire de la part de Dieu. Alors , dit l’Auteur du Li-vre des Juges, Eglon se leva du trône: & Ehud, avançant sa main gauche ,prit l'èpée , U la lui fourra dans le ventre ; tellement que la poignée entraaprés la lame, & la graìffe enserra la lame , desorte qu’il ne pouvoit tirerïépée du ventre. Ayant ainsi exécuté son dessein, il ferma après lui la portede l'appartement, & sortit sans qu'on se doutât de rien *. Les Serviteurs,aprés cpfEhud fut sorti, trouvant la porte fermée, conclurent que le Roivouloit être seul, & attendirent à la porte si longtems qu’ils en devinrenthonteux ; mais à la fin ils rouvrirent, & trouvèrent, leur Maître mort à terre.Pendant qu’ils s’amufoient ainsi, Ehud eut le tems de passer le Jourdain . Ar-rivé enSehirasû rassembla en hâte quelques Troupes, attaqua les Afoârsr,& leur tua dix mille hommes des plus vaillans qu’ils eussent: victoire quiassoiblit extrêmement la puissance de Moab , & délivra les Israélites du jougde cette Nation (a).
L’Histoire Sainte ne dit plus rien des Moahites depuis ce désastre, jus-ques au tems de Saûl , qui leur fit la guerre avec succès (S). La hainequ’il y avoit entre lui & ce Peuple , porta probablement David, dans letems que ce Prince le persécutoìt, à demander au Roi de Moab que son Pè-re & sa Mère pussent se retirer auprès de lui, jusqu’à ce que ses affaires eufisent pris un meilleur tour (c): ce que ce Roi lui accorda, pendant tout letems que David fut dans la Caverne d ’Adullam. Cependant, quand il futmonté fur le Trône, les Moahites formèrent avec plusieurs Nations voisi-nes une Ligue contre lui (d ), fur quoi il leur déclara la guerre ; & aprèsavoir remporté une victoire signalée, il fit passer les deux tiers de ce Peu-ple au fil de l’épée, & rendit ceux qui restoient ses vasseaux 6r ses tribu-taires ( e) f.
Depuis
(a) Jug. III. 12-30. (d) Pi. LXXXÍIt. 5, 6. &c.
(b) 1. Sain. XIV. 47. (e) 2. Sam. VIII. 2. 1. Chron. XVIII. 2.
(t) Ibid. XXII. 3,4. Joseph. Antiq. L. Joseph. Antiq. L. VII. c. 5.
VI. c. 14.
* II y en a qui justifient cette action d 'Ehud , en supposant que Dieu la lui avoit com;mandée (1). Mais comme 1’Ecriture ne dit rien de pareil, d’autres croyent qu’il lui étoitpermis d’ôter la vie à un Tyran , qui opprimoit injustement íà patrie (r)r Maxime qui sem-blerait faire l’npologie de tous les assassinats en cas de Tyrannie.
f C’est-là le sens de l’Historien Sacré , lorsqu’il dit , que David les mesura au cordeau,les faisant coucher par terre ; é? qu 'il en mesura deux cordeaux pour les faire mourir, & untordeau pour les garder en vie. II semble que ç’ait été une Coutume , dans les Pays Orien-taux, de faire coucher par terre les Prisonniers de guerre , & de mesurer au cordeau l'é-tendue qu’occupoient ceux qui dévoient être mis à mort. Mr. le Clerc croit que, par cettesévérité , David aurait fort bien pu n’avoir fait que rendre la pareille aux Moahites (z).Comme I’Eriture ne dit point si David mit à mort les deux tiers de la Nation , ou feule-ment les deux tiers de ceux qui portèrent les armes contre lui, la dernière de ces llippofirrions nous parait faire le plus d’honneur à ce Prince.
( 1 ) Patrick, in locum.
(1) Ckric. itt locum,
(3) Idem, La 2. Sara, Vin. 2*