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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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530 HISTOIRE A S I A T I Q U E, Livr. I.

Sect. ii. te guerre. La manière dont Josèphe en raconte 1''histoire, est toute diffé-fíist.. det rente du récit qu’en fait I’Ecriture *.

Ammoni - Hanun succéda à la Couronne après son Père Nahash', mais il n’est point

*es. dit si ce Nahash étoit le même qui fut défaic par Suïil à Jabesh f. Quoi

7,-qu'd en soit à cet égard , il est certain que Nahash , Père de Hanun , a

^™ un ’ vécu en très bonne intelligence avec David. Voila pourquoi cdui-ci, quandil eut appris que Nahash étoit mort, &que son fils venoit de lui succéder,envoya des Ambassadeurs au jeune Roi , pour faire de fa part les compli-mens ordinaires dans ces sortes d’occasions, & demander la continuation del’amitié qui avoit régné entre lui & le feu Roi. Hanun paroi t avoir été unPrince foible, environné de très mauvais Conseillers; puisqu’il se laissa per-suader par eux, que cette Ambassade n’étoit qu’un prétexte pour reconnoî-tre ses forces; & qu’au-lieu de traiter les Ambassadeurs d’une manière con-venable à leur rang, il leur 6t raser la moitié de la barbe , & couper lamoitié de leurs habits : & ce fut-là toute la réponse qu’il fit à David. CeMonarque outré d’une injure qui violoit également les loix de la Nature,de f Hospitalité, & de laReconnoissance,déclara hautement qu’il s’en ven-geroit par les armes (a).

Hanun ne tardaguères à être instruit de ce dessein de David, aussi bienque des préparatifs qu’il faisoit pour le châtier. L’appréhension que luicausa cette nouvelle, l’engagea à envoyer des Ambassadeurs aux Princesvoisins , pour mendier leur secours , & détourner par-là forage qui s’ap-prêtoit à fondre fur son Royaume. On ne sauroit déterminer avec préci-sion, ni la qualité, ni le nombre des Troupes qu’il obtint par cette sollf»citation, à cause que I’Ecriture ne semble pas d’accord avec elle-mêmefur ce sujet H. Prémièrement nous lisons que Hanun eut vingt mille Pié-

(s) 2. Sam. X. i Chron. XIX. Joseph. Antiq. L. VII. c. 6.

* II y a quelque chose d’inexplicable dans le récit que Josèphe fait de cette guerre. IIdit que Nahash la commença & la continua pendant quelque cems , en faisant de grandsmaux aux Israélites qui habitoient au delà du Jourdain-, qu’outre cela ce Prince fit creverfeeil droit à tous ceux qu’il preiíoit, ou qui se rendoient à lui ; & cela asm de les empê-cher de se servir de leurs boucliers qui leur couvroient l’oeìl gauche, & les tenir par celamême plus sûrement dans l’esclavage. Mais n’y a-1-il pas lieu de demander, comment ilsuroît pu í'e faire que des gens, qui marquèrent dans la fuite tant d’empressement à venirau secours de Jabesh , auraient regardé tranquillement Nahash commettant de pareilles bar-baries. 11 semble donc que l’Historien que nous citons , n’ait pas bien compris le sens duTexte Sacré.

j Quoique Josèphe dise que Nahash fut tué peu après la levée du siège de Jabesh (i)il nous paroit pourtant qu’il doit encore avoir vécu plusieurs années , & qu’il doit avoir étéle Père de ce Hanun. Sa conduite à l’égard des habitans de Jabesh le représente commeun jeune homme emporté & étourdi ; & il se peut fort bien qu'il ait encore vécu cin-quante ou soixante ans depuis ce rems-là. L’Kciuture elle-même semble favoriser notreconjecture.

_ § C’est de quoi nous ne saurions rendre raison. A -!a- vérité plusieurs Interprètes onttâché d’appianir la difficulté dom il s’agit; mais, à notre avis, fans succès. Haderezcr est dé-signé dans I’Ecruurk comme le plus considérable des Princes Syriens. Josèphe semble appelsler le même personnage Syrus, & le fait Roi de Mésopotamie (2).

(*3 Joseph. Anúq. L. VI. C. «.

( 1 ) Idem L. VII.