538 HISTOIRE ASIATIQUE, Liv*. î.
Se ct. III. si ae Monarchique. Cependant leurs Chefs font appellés Rois,& pour cet-siì /1 des te ra ^ on nous * eur sonnerons le même Titre.
Madiani■ Ee plus ancien trait d’Histoire que nous trouvions concernant cette Na-
us. tion, après ce qui en a déjà été dit, est leur guerre contre Hadad teHorîen,
--— lorsque Madian fut défait par lui dans la Plaine de Moab (a) *.
Leur ms- Après cela nous voyons quelques Marchands Madianites , achetant Jo-tme ’ feph de ses Frères pour vingt Pièces d’argent, & ramenant avec eux enEgypte, où ils le vendirent à Potiphar , un des principaux Officiers dePharaoh (b).
Téthro. Plusieurs années après, il y eut un Prêtre ou Prince f des Madianites' Méridionaux, nommé Réuel ou Jéthro § , ou le Kènien , Beau «père deMoyfe (c). Ce personnage faifoit fa résidence dans la Ville de Madianprès de la Mer Rouge (d). II arriva un jour que fes filles, qui étoientau nombre de sept , reçurent une espèce d’affront de la part de quelquesBergers brutaux, dans le tems quelles puifoient de l’eau pour abreuver letroupeau de leur Père. Un peu avant que cela arrivât, Moyfe, qui fuyoitde devant Pharaoh , s’étoit affis près de cet endroit : généreux comme ilétoit, il prit le parti de ces filles, que les Bergers avoient chassées , dans ledessein de donner à leurs propres troupeaux l’eau qu’elles avoient eu lapeine de puiser, & leur aida à achever leur ouvrage M Quand elles fu-rent de retour dans la maison de leur Père , celui-ci s’étonna de les voirrevenir plutôt que de coutume ; & voulant en savoir la raison , elles luiracontèrent feutrage qui leur avoit été fait, & de quelle manière un Egyp-tien , (c’est ainsi qu’elles nommoient Moyfe , ) les avoit protégées & fecou-
(a) Gen. XXXVI. 35. (c) Exod. III. 1. Jug. I. 16.
( 5 ) lbid. XXXVII. 28, 3 6. {d) Joseph. Antiq. L. II. c. II.
* Cwmberlantl panche à croire, que Moyfe rapporte ceci, comme un malheur qui regar-doit son Beau-père Jéthro ; & que ce fut Madian lui-même qui fut défait, quelque teinsavant qu’il eût atteint l’àge de cent & neuf ans (1).
t Le Mot Hébreu est jna Chohen , qui signifie un Prince, ou un Sacrificateur, & qui estégalement susceptible de l’un & de l’autre sens. Mais que fa condition ait été basse ou:élevée, on ne fauroit guères nous blâmer d’avoir inséré ici tout ce que nous trouvons tou-chant fa personne & sa famille, puisque c’-iì le seui fragment qui nous reste concernantles ancien s.Madianites du Midi.
§ Quelques Savans croyent que c’étoit-là le surnom de la Famille (r). Les LXX. lenomment 'Vuyevr,*, Raguet , comme fait auífi la Vulgate , & même notre Version dansun autre endroit. Cependant quelques Interprètes font dans l’idée que c’étoit le nom duPère de Jéthro (3). Nous pourrons considérer dans la fuite le fondement de cette opi-nion.
S§ Cet affront a donné lieu de soupçonner que leur Père , bien loin d’être Chef des Ma-dianites, en qualité de Prince ou de Sacrificateur, n’étoit qu’un Prêtre du plus bas rang;& alors, dit notre Commentateur , il n’est pas étonnant que ses filles ay en t été insultées.A-la-vérité, à moins que de supposer que ces Bergers étoient étrangers dans cet endroit , ilsauc reconnoître que Jéthro ne paroit pas avoir été un homme de grande autorité.
(t) Cumbeil. origin. Gent. Amiquiff. p. (2) Cleiic. in Exod. U. (j) Idem il»d.