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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 539

rues. Le bon homme s’informa où étoit ce généreux Etranger, & gron-SEcr. m.da ses filles de ne savoir pas amené au logis avec elles, après quoi il leur Hist’dotordonna de l’aller chercher. Elles obéirent & amenèrent Moyse à leur Madiani-Père Jèthro; qui, trouvant cet Etranger à son gré, le garda chez ìui, íeS -1 établit pour avoir soin de ses troupeaux, & lui donna dans la fuite en "mariage fa fille Séphora. Moyse & son Beau-père furent ensemble pen-dant l’espace de quarante ans. Celui-cì, entendant à Ja fin que Dieuavoit donné à son gendre la commission de délivrer les Enfans d ’IJraHde leur servitude , consentit à le laisser partir avec sa femme & leursdeux enfans, lesquels prirent tous la route à'Egypte: mais pendant qu’ilsétoient encore en chemin (a) , une dispute étant survenue entre Moyse &sa femme touchant la circoncision d’un Enfant, elle revint chez son Pè-re, ou y fut renvoyée par son époux *, qui continua son voyage sanselle (S). J &

^ Lorsque Jèthro apprit les merveilles que Dieu avoit opérées par le Minis-tère de Moyse , la délivrance des Israélites, & leur sortie du Pays d’E-gypte , il prit fa fille Séphora avec ses deux fils, & son propre fi/s Hobàb %

& alla avec toutes ces personnes au-devant de son gendre pour

le féliciter, & le raccommoder avec fa fille Séphora. Tous furent parfai-tement bien reçus par Moyse ; & Jèthro , ayant entendu les miracles faitsen faveur des Israélites , bénit Dieu, le reconnut supérieur à toutes les au-tres Divinités , & prit un holocauste & des sacrifices pour les offrirà Dieu: solemnité à laquelle assistèrent Aaton & tous les Anciens á'Is-raël.

Le lendemain, Jèthro eut occasion de marquer fa profonde sagesse & sonhabileté en fait de Gouvernement. II vit que le Peuple se tenoit devantMoyse depuis le matin jusqu’au soir; & en ayant demandé Ja cause, Moyselui répondit qu’il avoit tenu le siège pour juger le Peuple. Sur quoi Jè-thro lui remontra, que ce fardeau étoit trop pesant pour lui; qu’il ne de-

(a) Exod. 11, III, IV. (?) Ibid. XVIII. 2.

* Dans des cas doutera, comme celui-ci, il faut se déterminer suivant le degré de vrai-semblance. Les Théologiens ont expliqué le fait en question de plusieurs manières différen-tes (i); & quelques-uns même n’ont pas voulu recounoître, qu’il y ait eu quelque contesta-tion entre Moyse & fa femme, par la raison, peut-être, qu’une pareille dispute neparoitpas s’accorder avec la dignité de ce Législateur. Pour nous, nous avouons ingénumentne pas appercevoir qu’il puisse rejaillir par là quelque déshonneur fur lui, fur-tout le sujet dela querelle étant si important. Outre cela, si ç’avoit été une coutume établie dans la famillede Jèthro de circoncire les enfans, fa fille Séphora ne se seroit pas opposée à une pratiquequ’elle devoit regarder comme essentielle. II faut absolument reconnoître, qu’il y ait eu quel.que mésintelligence entre ces deux époux fur cette matière; & c’est pour cette raison, quenous avons cru pouvoir en tirer un argument qui prouvât que les Maûianim ne pratiquoientpoint la circoncision , & que nous avons considéré le retour de Séphora chez son Pèrecomme une suite de ce démêlé.

(ij Lightfoot Spicileg. iu Exod. $. t, t, Clciic. ia Exod. IV,

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