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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 54?

arriva dans la fuite qu ’ Isaac étant devenu vieux, & hors d’état de faire usage Sect. IV.de sa vue, appella Esau, à lui dit qu’il sentoit bien qu’il ne lui restoit plus ffist. desque peu de jours à vivre; que pour cet effet il le prioit de prendre son Idumèent.Carquois & son Arc, de tâcher d’attrapper de la Venaison, & de la lui ~ ■ -

apprêter comme il l’aimoit, afin que son Ame le bénît avant que de mourir*.

Esa'ù obéit: mais pendant qu’il étoit absent, sa Mère, qui avoit entenduce qu’ Isaac lui avoit dit, fit prendre à Jacob les habits d'A/ârif; & ayantpréparé quelques viandes comme Isaac les aimoit, elle les lui fit apporterpar Jacob , auquel cet artifice valut la Bénédiction irrévocable de son Pè-re. Ainsi fut trompé Isaac, & Esau supplanté. Ce dernier étant rentréavec sa venaison, immédiatement après que Jacob fut sorti, Isaac lui ra-conta avec la plus cruelle émotion, qu’il avoit été trompé par son frè-re, & qu’il ne pouvoit ni ne vouloit rappeller la Bénédiction donnée.

A l’ouïe de ce discours, Esau pleura amèrement, & se plaignit que sonfrère l’avoit doublement offensé, d’abor-d en lui extorquant son Droitd’ai-neíì'e, & ensuite en lui dérobant la Bénédicton de son Père. Cepen-dant les pleurs & les prières à'Esau firent une telle impression fur IJaaç tque celui-ci lui donna aussi une Bénédiction, quoique d’un genre inférieurà celle que Jacob avoit reçue. Voici , dit ce Patriarche, ton habitation se -

* 11 y en a qui croyent cs 1 Isaac n’envoya Esau à la chasse, que pour faire une espèced’épreuve, je veux dire. pour voir s’il apporceroit quelque chose ou non: & cela dans iedessein de lever un scrupule, savoir s’il lui donneroit fa Bénédiction, ou s’il ne ia lui don.neroit pas; car, ajoute-t-on, comme le malheur qu’avoit eu Esau de ne rien prendrefavoit réduit à Ja nécessité de vendre íòo Droit d’aineíle , Isaac jugeoit que fi ie mêmemalheur lui arrivoit encore, ce feroic un signe qu’il ne dévoie point le bénir. Dans cetteidée ce I’afrárate, quoiqu ayant déjà donné fa Bénédiction paternelle à Jacob s’étant ap.perçu qu Efaû lui apporroir la venaison qu’il attendoit, regarda Ja choíë comme un ordretacite que Dieu lui donnoit de bénir aussi Esau. Ordre auquel Isaac ne manqua pointd’obéir (i).

f On assure au sujet de ces habits, qu’iis avoient été portés par Adam étant encore dansl’Etat d’innocence, & qu’iis avoient conservé cette odeur délicieuse du Paradis terrestre (2).D’aatres se contentent de supposer, qu’ils avoient été parfumés de fleurs aromatiques, pourles garder de la tigne, & pour recréer les esprits de ceux qui les mettoient; & ajoutentque c’est une chimère, que de supposer, comme ont fait les Juifs , que ces Vêtemeus fontvenus à'Adams Noé, & ainsi successivement à la Famille à'Abraham (3). Outre cela onpourroit demander comment il a pu fe taire qu Isaac ait voulu Ce défaire avant fà mort d’unerelique si précieuse en faveur de son fils? Peur-être est-ce une faute de Chronologie, quede supposer qu’on portât si loin la délicatesse en fait d’habits dans ces anciens rems ; maisf exemple des Peuples voisins qui vivoiem alors, réfute suffisamment certe objection (4).Par s Odeur du Champ ou pourroit entendre une Odeur plus violente que celle du Parfum,fur-tout puisqu’ F. fau étoit grand Chasseur,& toujours dans les Champs; mais d’autres croyentque cette expression a un autre sens, & désigne l’odeur exquiíè des habits à'Esn't: Expli-cation qui paroit être confirmée par la leçon du Texte Samaritain , qui après le motSbaden un Champ, a pleins & c’est ainsi que les LXX. ont rendu cet endroit àc co-tt-í d y ^00írAi ipu« fient Odor Agri pieni, dit Ja Vulgate, comme l’Odeur d’un Champ plein, savoirS Herbes odoriférantes b de Fleurs.

/ , 1 Lightfoot Obferv. m Gcn. XXVII. M «<*’? OE-n-m. upon Gen, XXVU, 1 !.

\X «Eli. de Vestitu Hebr. Saceid. c. 4. (4) Clenc, m Gîn, XXVII. 27,

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