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DES PEUPLES DE C A N A A N, Chap. IV. 6n
qu’Jbimélech & ses Sujets eussent conserve' le souvenir de la tromperie Sect VIí.tout - à - fait pareille, qui avoit été faite ci - devant, & des calamités dont Hist. deselle auroit pu être la source; soit que les mœurs des Philistins eussent en Philistins.
core leur première pureté, & que les Loix de l’Hospitalité leur parussent--
sacrées & inviolables ; Rcbccca n’essuya aucune poursuite fâcheuse, & Isaacn’eut pas le moindre lieu de se plaindre à cet égard. II arriva néanmoinsà la fin, qu 'Abimèlech lui-même eut quelque soupçon qu’ils étoient mari &femme, car regardant un jour parla fenêtre, il vit qu'//â témoignoità Rebecca un genre d’amitié incompatible avec la qualité de frère. C’estpourquoi il fit appeller Isaac , & lui demanda pourquoi il l’avoit abusé, ennommant sa sœur une personne qui étoit son épouse? Isaac répondit com-me avoit fait son Père. Abimèlech répliqua que c etoit très mal fait à lui,puisque, par ignorance, quelqu’un du Peuple auroit pu coucher avec elle,
& envelopper toute la Nation dans son crime *. Pour prévenir ce mal-heur, Àbimélech fit publier que quiconque toucheroit Rebecca ou son époux,seroit puni de mort. La conduite que ce Roi tint en cette occasion, nousdonne les idées du monde les plus favorables de fa justice. Sans doutequ’il favoit ce qui étoit arrivé en pareil cas à son Père, & qu’ayant les Ju-gemens de Dieu devant les yeux il craignit de s’y exposer. Et c’est unechose qui mérite d’être remarquée, que quoiqu’il fût naturel que la craintede quelque accident funeste portât ce Prince à chasser Isaac de son Pays,comme un homme qui avoit imprudemment ou malicieusement exposé tou-te la Nation à une perte irréparable, il permit néanmoins que ce Patriarcherestât dans son Royaume, jusqu’au tems que fa puissance commençât à luidonner de l’ombrage. Alors à-la-vérité \es Philistins \m portèrent envie, &cherchèrent à lui faire de la peine : & à la fin Abimélech lui - même décla-ra à Isaac, qu’il devoit s’aller établir dans quelque autre endroit, ajoutantqu’il ne vouloit pas d’un voisin si puissant. Cette prière, quoique faite entermes civils & aimables, n’eut point d’effet. Isaac, à ce qu’il paroit,ayant seulement passé d’un endroit de la Contrée à l’autre ; car en cestems - là on n’employoit pas la violence, hormis dans des cas très rares,
* Quoique Moyse dépeigne Abimèlech avec des couleurs fi aimables, Jnsèphe ne laissepas de ie représenter (i) comme un trés méchant homme; & pour rendre íbn récit croya-ble, il íiipprime plusieurs circonítances de l’Histoire. Cet Ecrivain passe fous silence touti’article rélatif à Rebecca , & dit seulement qu 'Abimèlech témoigna d’abord beaucoup debonne volonté à Isaac \ mais que lorsqu'il vit que Dieu le favoriiòit en toutes choses, ilen conçut de l’envie» & fobhgea à se retirer. Cependant, continue-1-il, les richesses &la prospérité d 'Isaac firent enfin craindre à Abimèlech que ce Patriarche ne fè vengeât desmauvais traitemens qu’il avoit reçus. Ainsi, ne voulant pas savoir pour ennemi, il alla luiproposer de renouveler l’aliiance faite autrefois entre Abuiham & lui ; car Jofèphe prendtoujours cet Abimèlech pour le même qui conversa avec Abraham, afin de le noircirdavantage, en le représentant comme un homme íàns soi. Outre cela il fait le secondas.bimélech bien vieux, à moins que de supposer qu’il n’étoit qu’un enfant lorsqu 'Abrahamarriva dans le Pays des Philistins.
(0 Joseph, Antiq. Lî I. C, 18.
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