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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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552 HISTOIRE DES ATHENIENS.

Section gion, & se moquoit ouvertement de ces mêmes Puissances quil faisoit sem-! blant dadorer. Nous ne nions pas que les Athéniens ne prétendissent colo-Histoire rer le secours quils accordoient aux Phocéens , du prétexte que cétoientdes Athi - j eurs anciens Alliés, dont ils tâchoient daugmenter lepouvoir, afin de con*men "' trebalancer celui du Roi de Macédoine. Mais il est bien clair, que ce ne-toient- que de frivoles prétextes ; puisquIphicrate ayant intercepté quelques

Statues dor & divoire,que Denys le Sicilien cnvoyoit pour être consacrées

à Jupiter Olympien , & à Y Apollon de Delphes , ce Général reçut ordre deleur part de les vendre au plus offrant.

Ce nétoit cependant pas Athènes feule, mais toute la Grèce , qui se JaiíToicgouverner par de largent. Le Roi de Perse, qui avoit toujours fait ufag ede ce métal pour se garantir des incommodes visites des Grecs, & pour estobtenir du secours quand il en avoit besoin, lemploya plus que jamais, &répandit déplus grandes sommes en Grèce , que navoit fait aucun de se sPrédécesseurs, à cause que la facilité à se laisser corrompre par de largen^étoit devenue générale ;ce qui nempêchoit pas que ceux qui faisoieM mé-tier den prendre, ne prétendissent de plus hauts gages, que ceux dontsétoient modestement contentés jufqualors.

Philippe de Macédoine, qui avoit trouvé le moyen de tirer beaucoup pl uSde profit des Mines dOr de Thrace , que navoient fait les Athéniens, pt a 'tiquoit cet art à visage découvert, ayant des gens à ses gages dans tous le®Etats de la Grèce, & entre autres à Athènes. Les Chefs des Phocéens nSpouvoienc se soutenir quà force dargent; aussi devoient-ils en avoir répart'du libéralement, puisque, selon Diodore de Sicile & , ils dépensè-

rent I0000 talens, ce qui nest guères moins que deux millions monnosoà'Angleterre. Les Orateurs, ou , comme les Athéniens les appelioient »les Démagogues , cest-à dire ceux qui gouvernoient le Peuple par leurs dis-cours , écoient presque tous aux gages de quelquun. Démofthène même?qui iemportoit en éloquence fur tous les autres, étoit soupçonné avec raisonde recevoir de for Persan. Cet Orateur commença vers ce tems- à sodistinguer, &, comme un autre Périclès , prit par son éloquence un ascest'dant prodigieux sor ses compatriotes.

Démofthène étoit fils dun riche Athénien, qui avoit acquis de grands bien*par une Manufacture dEpées, & point dun Forgeron comme Juvenalìe ventfaire entendre. La Nature ne paroissoitpas savoir destiné à être Orateur»lui ayant donné une voix foibíe & une langue embarrassée. II perdit sonPère étant encore fort jeune; & íì dun côté son éducation fut négligé»par légard que fa Mère eut à la foiblesse de fa constitution, son bien neso 1 -pas mieux administré de lautre par ses Tuteurs,qui profitèrent de fa Ì eU 'nesse. Ce dernier malheur lengagea à devenir Orateur ; car se trouvant*à sage de dix-sept ans , embarrassé de divers procès , il plaida fa prop recause, ce qui n'étoit défendu par aucune Loi. Dans da fuite, étant parve-nu à un âge plus avancé, il entreprit de haranguer le Peuple, ce qui i ulréuíîìt si mal, quil sen fallut peu quii ne renonçât à la profellion dOra -teun Cependant, par un travail opiniâtre, il surmonta tous les obstaclesqui 1 avoient empêché jufqualors de parler en public avec succès. U mlt