HISTOIRE DES LACEDEMONIENS. Liv. I. Ch. XIX. 603forts la plus grande partie des Mejséniens fut taillée en pièces, & avec elle Histoirela fleur de la Noblesse. Arijtomène rassembla les misérables restes de son des Lacé 'Armée, & considérant qu’il ne lui étoit plus possible de tenir têteaux La~ dé * mte,,ucédémonlcns , ii exhorta ses compatriotes à forestier ie Mont Ira, Là pren-dre toutes les mesures possibles pour s’y bien défendre. 11 mit aussi desGarnisons dans Pyle & dans Méthane située fur le bord de la mer , & ras-sembla tous les habitans dans ces trois Places,abandonnant aux Spartiatesle reste de la MeJJenie. Ces derniers, d’un autre côté, regardant la guerrecomme finie, partagèrent les terres entre les Citoyens, c k les firent soi-gneusement cultiver, pendant qu’ils assiégèoient Ira ; mais Ariftomène leurfit bientôt voir qu’ils n'en étoient pas où ils pensaient. II choisit d’entretous les Mejséniens 300 hommes, avec lesquels il ravagea tout lePaysd’a-lentour, & emporta un butin prodigieux. Quand la MeJJenie ne put plusfournir aux besoins de fa Garnison, il entra en Laconie , & y enleva cequ’íl salloic de blé, de vin & de bétail, pour faire subsister ses gens ren-fermés dans Ira ; ddorte que les Spartiates en furent enfin réduits à fairepublier, que personne n’eût à cultiver, non seulement le Territoire Mejsè-nien , mais aussi celui de Laconie , qui étoit vers les frontières; ce qui neleur fit pas moins de mal qu a leurs propres Ennemis, & causa àlafindapsSparte une Famine, qui fut, comme cela est aflèz ordinaire, suivi de prèsd’une Sédition. La sagesse de Tyrtèe fut encore d’un grand secours suxLacédémoniens en cette occasion ; cependant ce ne fut pas íans peine qu’illes détermina à continuer le blocus à’Ira, &. à tenir fur pié un Camp - volantpour la fureté du Pays (a).
Ariftomène, en dépit de toutes ces précautions, fit de terribles dégâts La guerreavec son petit Corps de 300 hommes. II pilla, entre autres Places ,!a Ville contre lesà’Amyclés, où il trouva non seulement beaucoup de richesses , mais aussi Meflenieusune grande quantité de provisions. Les Rois de Sparte, qui étoient à quel-^"^7 .que distance de-la avec leurs Iroupes, n eurent pas plutôt appris cette njère vi . 'expédition, qu’ils firent toute la diligence possible pour joindre Ariftomène guear.
& les Mejséniens , qui, se trouvant chargés de butin, n’avoienc pas encorepu gagner Ira. Dans cette fâcheuse situation, , ne prenant con-
seil que de son désespoir, rangea ses Troupes en ordre de bataille, & nonob-stant la petitesse de leur nombre, se défendit longteins contre toute l’ArméeLacédémonienne. A la fin cependant, les Spartiates eurent l’avantage; laplupart des McJJeniens furent tués fur la place, & Ariftomène , avec environ50 des siens,'qui survécurent au massacre, furent faits prisonniers, ce Gé-néral ayant reçu tant de blessures, qu’il se trouva privé de tout sentimentquand on l’emporta. Les Lacédémoniens donnèrent les témoignages de laplus éclatante joie à la vue de cet illustre captif, qui, par fa feule habileté,avoic mis son Pays, tout épuisé qu’il étoit, en état de se défendre durantplusieurs années contre toutes les Forces de Sparte. Quand il fut guéri deses blessures, les Lacédémoniens le condamnèrent à être jetté avec les autresprisonniers dans une profonde caverne, ce qui étoit un supplice destiné àdes criminels de la lie du Peuple. Ce jugement fut exécuté, & la seule gra-
(a) Pausan. in Messen.
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