Section
V.
Histoired’ Italie de-puis l’an1138 jus-qu'à l’m12 69 .
196 HISTOIRE GENERALE
deric & Grégoire, à Toccasion d’une Seigneurie dont Enzius, fils naturelde TEmpereur s’étoit emparé en Sardaigne, Le Pape prétendit que cetteUle étoit un Fief de TEglise, ik Frédéric soutenait qu’elle dépendait deTEmpire, & créa Enzius Roi de Sardaigne (a).
Le Pape, à qui la puissance de l’Empereur fêlait de plus en plus ombrage, luiécrivit au commencement de 1239, pour T exhorter à ne point attaquerles droits de l’Egiise. Frédéric lui répondit avec fermeté, qu’il étoit réso*su'et de à maintenir les droits de TEmpire. Grégoire, plus irrité encore, or*bromiieríe donna à l'Empereur, fous peine d’excommunication, de rendre à TEglise'
. »„ 1,,; ____.&>. _î_, »____ui:«
entre
pereurPapeLe Papeexcommu-nie Frederic.
1239.
r/òB-ce qui lui appartenait, & n’aiant point obtenu ce qu’il demandait, publiarÊfiesolemneUement {'excommunication contre Frédéric, le Jeudi Saint 24 deMars 1239. II écrivit à tous les Prélats de la Chrétienté, & à tous lesPrinces, leur ordonnant de faire publier la sentence par tout. L’Empe-reur qui étoit à Padoue , parut ne pas s’inquieter beaucoup d’une ex-communication aussi injuste, il convoqua une grande assemblée, où il fsjustifia fur les íujets de plainte que le Pape avoit contre lui. II écrivitausti à tous les Princes Chrétiens une Lettre apologétique, dans laquelleil représente le Pape comme indigne du Pontificat, troublant TEglise parson ambition & son avarice. II y eut encore d’autres Let'res écrites depart ik d’autre, remplies d’invectivcs &, d’injures (b). Le Pape n’aiantpas trouvé parmi les Puissances étrangères l’appui dont ilseflatoit, con-clut une alliance avec les villes rebelles de Lombardie, & avec les Ré-publiques de Venise & de Genes ; il envoya aussi Grégoire de MonteLongo , en qualité de Légat en Lombardie. C’étoit un homme actif& intrigant, qui de concert avec T Archevêque de Milan, ne négligearien pour s’opposer vigoureusement aux Impériaux, jusqu’à forcer les Ec-clésiastiques de s’enroler ( c ).
L’Empereur irrité au plus haut point, ne garda plus de ménagemensdémêlés de avec Grégoire. II fit chasser de ses Etats tous les Dominicains & ks Fre-V Empereur res Mineurs de St. François, originaires des villes rebelles de Lombardie,^ rappellá tous ses sujets qui étoient en Cour de Rome, & défendit auxautres d’y aller fans fa permission. II leva aussi un subside sur tous lesEcclésiastiques, fans exception, & s’empara du Trésor du Mont Cassin(d). Le Pape engagea la ville de Ravenne à se rebeller contre T Empe-reur , & à se mettre sous ]a protection des Vénitiens ; ces Républicains,excités par Grégoire, allerent avec une Flotte attaquer la Fouille. Frédéricrappella son fils Enzius de Sardaigne , le nomma son Vicaire en Italie& Tenvoya avec des Troupes s’emparer de la Marche d’Ancone. AveCle reste de son armée, il entra dans le Duché de Spolete, L dans lesautres terres du Patrimoine de St. Pierre. Foligni, Viterbe Ôí d’autresPlaces fe soumirent (c). ■*..* ^1
Le Pape effrayé, porta les têtes de St. Pierre & de St. Paul en processiondepuis TEglise de Latran jusqu’à celle de Saint Pierre ,& là il fit un long dis-cours pour animer les Romains à la défense de ces précieuses Reliques. B< 'Emptrm> P u blia en même tems une Croisade contre l’Empereur, comme le plus cruel
Suite des
pe.
IÌ40.
Grégoirepublie lacroisadecontre
i
(s) stick, de S. German.sb) Fleuri L. LXXXI. § 20-24.
(c; Sìgon L. XVJ 1 I. Spondan . Annal.
(d) Giannone T. II. p. 564, 565.0 ) Le môme p. §6S> 567.