230 HISTOIRE GENERALE
Section eaforte que Philippe conclut un Traité avec l’Eaipereur Albert, qui'ffàvi. scellé par le mariage arrêté entre Rodolfe fils d’Albert & Blanche sœur^á’ítMe de- d u ^oi de France.
fuis l'an " Boniface VIII. ne perdait pas de vue son projet de soumettre tous lesi <269 jus- Rois à fa jurisdiction ; il ordonna au Roi d’Angleterre de mettre Jeanqu’à lan Bailleul, Roi d’Ecosse, qu'il tenait prisonnier en liberté; d’accorder ust£13?8 ‘ trêve de deux ans à l’Ecosse, déclarant à Edouard , que le RoyaumeSes péten- d’Ecosse appartenait à l’Eglife Romaine,& en conséquence exigeait qu’iîtîonsfur élargit les Prélats Ecossais qu’il avait emprisonnés ; que s’il prétendaitl'Ecojfe. avoir quelque droit fur TEcosse, il eut à envoyer dans six mois ses pro-cureurs à Rome pour justifier ses prétentions.
Premier Comme Tannée suivante était regardée comme le commencement d’unJubilé à nouveau siécle, Boniface,dit de Sponde,ouvrit un chemin fort court pour^"aôo. al ) er au àl, il publia une bulle par laquelle il accordait une indulgence plé»
2 ' niere à tous ceux qui étant vrayement pénitens & s’étant confessés visite-
ront les Eglises de St. Pierre & de St. Paul, s’ils sont Romains trente jours,& s’ils sont étrangers quinze jours. 11 n’exceptoit que ceux qui commer-çaient avec les Sarasins, Frédéric Roi de Sicile avec tous ses adhérens, entreautres les Génois & les Colonnes. En conséquence il y eut un si prodigieuxconcours de Pèlerins à Rome de tous les Pays de T Europe, que pen danttoute Tannée, il y eut continuellement deux-cens mille étrangers; & T Au-teur de la Chronique de Parme dit, que les voyageurs semblaient formercomme une nombreuse armée en marche (a). Viilani, qui fut témoin dece concours,ajoure que malgré cette foule,pn eut des vivres en abondanceà un prix ordinaire (b) (*j.
Ambassade Pendant qu’on couroit ainsi à Rome, Boniface reçut des Ambassadeursnu Khan de Casan ou Gazan Empereur des Tartares, pour Tinformer, que conjoin-àes Tarta- tement avec les Rois de Géorgie & d’Armenie,il étoic entré en Syrie avecune armée de deux-cens mille hommes, avoit vaincu le Sultan d’Egvpts& s’étoit rendu maître de Damas & de toute la Syrie. II invitait le Pape &les autres Princes Chrétiens à envoyer des troupes en Syrie pour lui aiderà conserver ies conquêtes. Cette ambassade fit grand plaisir à Rome, maisne produisit aucun effet, parceque le Pape & les Princes Chrétiens écoienttrop occupés de leurs propres affaires (c). Seulement Boniface obtint duRoi de Naples une gaìere pour ramener TAmbaffadeur de Gazan (dj. H
(a) Chron. Parro. ap. MuratorL (c) Viilani L VIII. C. 35.
(i) Vilhni L. VIII. C. 36- (d) Summont. L. III. C. 2.
C*) Cet établissement de Boniface fut appellé Jubilé dans ia fuite , & ses successeur*l’ont renouvellé tous les cinquante ans, & même au bout de vingt-cinq. Mais pour quSBoniface ne paroiíîè pas en être le premier auteur , & l’avoir institué à l'imitation de*Jeux Séculaires des Romains,ou des Jubilés des Juifs, de Sponde assure que l'obferva-tion de cette indulgence séculaire étoit plus ancienne, & rapporte d’après un Traité duCardinal Cajetan , neveu de Boniface, qu’au commencement de l’anriée 1300, ii y eutun concours extraordinaire de peuple à St. Pierre; que le Pape toucîié de cette dévo*tion, lit des perquisitions, & trouva un vieillard âgé de cent sept ans , qui se souvenusqu’en I ico son pere étoit venu â Rome pour gagner ['indulgence. Cette déclarationniant été confirmée par deux vieillards eu France & par plusieurs Italiens , le Pape renO u 'vvella i’anclenne institut son par une bulle du 22 Fevrier (>).
(1) FUnri L> I.X.ÌXIX, J Oj,