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32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
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VI.

Histoire«f Italie de-puis Van

1269 ;«/*

fu’à Van-Z7L.

Suites deces démêlés.

Le Papetâche de sefortifier pardes allian-ces.

SZ2 HISTOIRE GENERALE

son insolence , tint une assemblée de Seigneurs & de Prélats â Senlis,où l’on produisit divers chefs d’accufation contre le Légat ; le Roi le fitarrêter, & le mit fous la garde de l’Archevêque de Narbonne son Mé-tropolitain. Boniface, ayant appris semprisonnement de Saisseti, chargeaun Nonce de porter une bulle, par laquelle il ordonnoit à Philippe de met-tre le Légat en liberté, de cesser d’opprimer íe Clergé, en déclarant qu’ilétoit Souverain de tout le monde, tant pour le temporel que pour le spi-rituel , & que c'étoit une hérésie de le contester. Le Nonce avoit ordreencore, de sommer les Evêques & les Docteurs de se trouver au ConcileHue le Pape vouloit tenir à Rome l’année suivante ; & au cas que le Roirefusât de mettre le Légat en liberté, de délier ses sujets du serment de fi-délité & de déclarer le Royaume de France dévolu au Saint Siégé.

Le Roi fit brûler cette bulle, & ordonna au Nonce & au Légat, qu'ilfit élargir, de sortir de ses Etats. 11 envoya à Rome Pierre Flotte, un deses Conseillers pour défendre ses droits, qui se conduisit avec une grandefermeté ; on dit que le Pape lui ayant dit, qu’il avoit la puissance tempo-relle sur le Roi & sur le Royaume, comme la spirituelle, Flotte lui répon-dit ; Je le veux , mais celle du Roi mon Maître ejl réelle , au lieu que la votren est que verbale. Le 10 d’Avril 1302, Philippe tint un grand Parlement àParis, & fit défense à tous ses sojas d’aller à Rome. Boniface de son côtérévoqua tous les privilèges & toutes les grâces que le Saint Siégé avoitaccordées aux Rois de France , défendit aux Ecclésiastiques de payer nidécimes, ni aucun subside quelconque, sans un ordre exprès du Saint Siégé,& ordonna en même tems de produire les bulles contenant ces privilè-ges & ces grâces devant le Concile futur, auquel il sommoic encore leClergé de. France de se trouver (a).

Les Prélats de France écrivirent une Lettre au Pape, dans laquelle ilstémoignèrent leur surprise de la prétention inouie de Boniface, touchantla dépendance du Royaume de France du Saint Siégé, & s’excusoient de serendre à Rome. Les Seigneurs écrivirent en François aux Cardinaux, &ils s’exprimoient plus durement fur cet article. Le Roi répondit à la bulledu Pape en termes pleins de mépris & d’indignation. Boniface ne laiífr■pas de tenir le Concile qu’il avoit indiqué, & l’on croit que dans cette as-semblée fut dressée la fameuse bulle Unam sanâam , où le Pape déclara »que l’Eglise a deux glaives, le spirituel & le temporel , que le dernierdoit être soumis au premier, & que le Pape a droit d’instituer, décor*riger & de déposer les Souverains.

Cependant Boniface cherchoit à se fortifier contre !a puissance de Phi-lippe le Bel, & commença par se réconcilier avec Albert d’Autriche, en lereconnoissant Roi des Romains, à condition de ne faire aucune allianceavec les Rois ou Empereurs au préjudice du Saint Siégé, de prêter fermentde fidélité au Pape, & de confirmer toutes les concessions faites par fe*prédécesseurs. II s’accommoda aussi avec Frédéric, qu’il reconnut Roi stSicile, sous des conditions de la même nature, qui tendaient toujours à f é'tablissement de son autorité fur les Rois. ■

Pendant ces négociations, le Pape envoya Légat en France le Cardin 3 *

Jean

(a) Démêles ull sup. Spondan. Annal.

Il envoyé