D’ITALIE. L iv. XXIV. Cn. I. m
Au commencement de l’année suivante le Pape fit une promotion deplusieurs Cardinaux, de ce nombre fut Jean de Medicis fils de Laurent,hui n’avoit que quatorze ans, à qui le Pape donna le chapeau en faveur duijfiariage de fa sœur, avec Laurent Cibo son fils. Le Grand-Maître de■Rhodes d’Aubusson fut aussi créé Cardinal, parcequ’il venoit d’accordera u Pape Zizim frere de Bajazet, Empereur des Turcs. Ce Prince étoitdepuis six ans en France, gardé par les Chevaliers de Rhodes. 11 fut menéa Rome, où il arriva dans le mois de Mars, 2 c fut présenté au Papedans un Consistoire public par l’Ambassadeur de France j mais on ne putjamais l’obliger à baiser les pieds du Pape (a).
Depuis que le Roi de Naples avoit été obligé de faire la paix , il avoitcherché foccasion de se venger des Seigneurs, qui s’étoient révoltés contrelui. II profita de celle que lui offrirent les noces dn fils du Comte de Sarnoav ec la fille du Duc d’Amalfi, & fit arrêter le Comte de Sarno & son filsavec quatre autres. Ensuite nomma des Commissaires pour leur faire leurP r pcès, & en conséquence de la sentence en fit décapiter quatre (£>). En-tité il fit emprisonner plusieurs autres Seigneurs & divers Gentilshom-mes, qu’il fit tous périr. Pour cacher leur mort, le Roi affecta pendantl°ngtems de faire fournir les provisions nécessaires pour leur subsistance.R’affaire se découvrit à la fin, ôc comme Ferdinand refusoit toujours deP*yer le tribut qu’il devoit à l’Eglise, le Pape fexcommunia, lui donnantdeux mois pour se reconnoitre. Comme il persista dans son opiniâtreté, ilîut excommunié une seconde fois le 11 de Septembre, le Pape le déclaraPrivé du Royaume de Naples , publia une croisade contre lui, & invita^harles VIII. Roi de France à passer en Italie pour se mettre en possessionde Naples, en vertu des droits du feu Duc d’Anjou. L’Evêque d’Alexan-dre, Ambassadeur de Ferdinand eut la hardiesse dans le Consistoire d’ena PPeller au nom de son Maître au futur Concile.
. Au commencement de Tannée 1490, le Pape envoya des Nonces à tousles Princes Chrétiens, les exhortant à députer à Rome des AmbassadeursPour le 2s de Mars, afin de prendre les mesures nécessaires pour la guerrecontre les Turcs. Les Princes envoyerent leurs Ambassadeurs, & on ré-solut que chacun contribueroit selon Ion pouvoir en argent, armes ou sol-dats, de laisser au Pape une entiere liberté de lever les annales, les décimesles autres contributions. Le Pape promit de fa part, que si un des troisRois, de France, d’Efpagne ou d’Angleterre fechargeoit de la conduitedes troupes, il s’y trouveroit lui -même en personne ; que si aucun Roi5 y dtoit présent, il se contenteroit de nommer deux Légats, l’un pourarmée, de mer, & l’autre pour farinée de terre ; que les Italiens, les^rançois, les Espagnols & les Anglois scrviroient dans la premíere ; lesAllemands, les Bohémiens, les Hongrois, <Sc les Polonais dans la secondeTous ces grands projets allerenten fumée, < 5 c le Pape lui-même sem
SícTiosrvin.Histoired’Italiedepuis ían1430 jus-qu’à l'an
1517.
Zizim muduit à Ra-me.
1489.
Le Papeexconrnuùnie Ferdi-nand Roi íí<sNapleu
dstemblèeà Rome.1490.
y plus penser ; ainsi que nous allons le voir.
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1 A JL re Çut un Ambassadeur du Soudan d’Egypte, qui étoit en guerrees Turcs, lequel lui demandoit Zizim pour l’emploier selon ses vues.
avec
Dans
Le Papes’engage
Oa Oontln. de Fleuri T. XXIV. p. 91. (f) Bzev. ad ann. 1490, Viulard in vit,
Giannone ubi sup. Innoc. VIII.
Tome XFÍll. Ddd