D’I T A L I E, Liv. XXIV. Cil. ï. 409
a siuoi ils furent encore encourage's par la révolte du Duché d’Urbin. Bor- Sectiongia sans perdre courage , pensa aux moyens de résister aux Confédérés.
Mais fa bonne fortune le tira encore d’affaire, il trouva moyen d’engager tfjtaliedt-jes Ursins à faire avec lui une paix particulière, à laquelle les autres Con - puisl'anfédérés furent obligés d’accéder, malgré les avantages qu’ils avoient déja rem- 1430 jusPortés. Le Duc d’Urbin s’en retourna à Venise , & le Seigneur de Ca- l u '^ l ’ an^erino fe sauva à Naples. Peu après Borgia fe rendit maître de Fano & 15I7 ‘de Sinìgaglia. Ce fut dans cette derniere ville que par surprise, il fe saisitde Paul des Ursins, & de trois autres des chefs de la ligue faite contre lui,dont il en fit étrangler deux le lendemain (a).
U dépêcha promptement vers le Pape, pour l’informer de l’heureuxfuc- $ ts°és de fa trahison à Sinigaglia. Alexandre fit arrêter par surprise le Cardi- les entre P rí 'j^al des Ursins, & le fit conduire au Château S. Ange. II envoya ensuite i 50 ,k Prince de Squillaci son plus jeune fils prendre possession des places dePaul des Ursins & des autres de cette Maison. Le Cardinal mourut auoout de vingt jours & tout le monde fut persuadé qu’il avoit été empoi-sonné. Borgia ayant appris que le Cardinal étoit arrêté , fit étrangler les ■deux autres Seigneurs dont il s’étoit saisi à Sinigaglia. II s’empara ensuitede Citta-di-Castello & de Perouse. II auroit bien voulu aussi s’emparerde Sienne ; dans cette vue il envoya des Ambassadeurs aux Siennois pourles engager à chasser Pandolfe Petrucci, parcequ’il étoit son ennemi. Pan-dolfe prit le parti de s’exiler lui* même, & le Duc de Valentinois n’ofatenter rien contre Sienne, parceque cette ville étoit fous la protection duRoi de France. II marcha vers Rome, & se rendit maître des terres desSavelli & de plusieurs places qui appartenoient aux Ursins, malgré les or-dres du Roi de France, dont l’autorité étoit fort diminuée en Italie, de-puis que par fa négligence les Espagnols s’étoient rendus maîtres de presquel °ut le royaume de Naples ; révolution dont nous parlerons ailleurs.
Borgia, qui ne perdoit pas de vue la conquête de la Toscane, traitoit Conduite dûrecrutement avec Consulve. Mais Louis XII. ayant fait passer une armée ^ a P e en _un Italie, le Pape balança pour qui il se décîareroit ; ainsi il proposa de ^íFran^demeurer neutre en qualité de pere commun ; de donner néanmoins passage " ce ’a f armée Françoise par les Etats de l’Eglise, & de s’engager à n’attaquerui les florentins, ni les Siennois, ni Bologne tant que dureroit la guerrede Naples (/-).
Pour se procurer l’argent dont il avoit besoin , Borgia conjointement Mort rf’A-^VeclePape , suivant quelques Historiens, résolut d’emprisonner quelques- lexandredes Cardinaux les plus riches pour s’emparer de leurs biens, mais par la' 71,^éprise d’un Officier ce projet fut fatal à ses auteurs. Les Historiens va-* lent fur les circonstances, mais en rien de fort essentiel. Voici ce quea ?porte Guichardin (c). _ Le Duc de Valentinois & le Pape dévoient^Quper à la Vigne du Cardinal Corneto; le Duc y envoya des bouteilles deempoisonné, qu’on remit à un Officier qui n’étoit pas du secret, avec*dre de n’en donner à personne. Le Pape arriva avant l’heure du souper,a yant soif demanda à boire. L’officier n’ayant point alors d’autre vin* Ue celui qu’on venoit d’apporcer, & le croiant excellent, en donna au
(a) Le même. (L) Le même, L. VI, (c) Le mdnie.