SECTION
VIII.
Histoired’Italiedepuis l'an- 143 ° M’qú’à Pan15 < 7 -
Ttoulles iRoms.
jst-lt&ìon Utnort dePie III.
410 HISTOIRE GENERALE
Pape, & Valentinois, qui arriva fur ces entrefaites, en but auífi.. L’un& l’autre sentirent d’abord les effets du poison. Alexandre mourut le len-demain, dixhuitieme ss’Août , mais' Valentinois en vainquit la malignitépar la vigueur de l’âge, aidée d’un contre poison pris fur le champ ; il e11fut quitte pour une longue & violente maladie, durant laquelle ses cheveux& ses ongles tombèrent, & fa peau se détacha par toutes les parties dsson corps.
Bien que la mort d’Alexandre VI. causât une .grande joie aux Romains& à toute l’Italie, Rome ne laissa pas d’être exposée à de grands troubles*L’armée Françoise étoit dans le voisinage, & Borgia étoit maître du Va-tican & du Château 8. Ange avec douze mille hommes. Le parti desUr- 1lins prit les armes, les Cardinaux se retirerent auCouvent de la Minerve.,&,son craignoit que Gonsalve ne vint à Rome , pour être maître de l’ e *lection du Pape. Les Cardinaux différèrent d’entrer dans le Conclave, re 'solus d’attendre les Cardinaux abfens. Borgia , bien que sollicité par l eSEspagnols, fit un nouveau traité avec le Roi de France, & promit d’etn*ploier son crédit pour. élever au Pontificat le Cardinal de Rouen. D’Ana*boise se rendit à Rome avec les Cardinaux d’Arragon & Ascanio Sforce.On convint que les Troupes Françoiscs n’avanceroient point, «St Borgi 3consentit à sortir de Rome avec les siennes. Les Cardinaux , au nombrede trente-huit, entrerent dans le Conclave.
Le Cardinal de Rouen s’apperçut bientôt qu’il n’avoit rien à espérer.»ainsi il concourut avec les autres à sélection de François Picolomini, Car-dinal de Sienne, qui étant vieux & malade devoit naturellement laisser dan*peu le siégé vacant. 11 fut élu le 22 de Septembre, & prit le nom de P ieIII. en mémoire de Pie II. son onde. Le nouveau Pape donna un saubconduit au Duc de Valentinois, qui revint à Rome avec trois-cens che-vaux & huit -cens fantassins. II ne laissa pas de courir grand risque de J 3part des Ursins, qui attaquèrent fa maison. Ses troupes paraissant voulohl’abandonner, il fut contraint de se réfugier au Vatican , accompagnéPrince de.Squillaci son frere & de quelques Cardinaux Espagnols, & dej 3il se retira dans Je Château 8. Ange. A peine ce tumulte étoit - il appail e »que Rome se vit en danger d’en voir de nouveaux par la mort de Pie ly‘au bout de vingt-six jours de régné. Ce Pape étoit distingué par ^vertus, on croît qu’il avoit la réformation de l’Eglise fort à cœur, ay 3 J?*déclaré après son élection, qu’il ne s’agissoit plus de guerre, mais q u ?faljoit que tout le monde pensât à la religion & à la pieté (û). II avd“aussi dessein d’assembler un Concile Général, mais la mort fit échouer f e
JzleBion deJules II,
projets.
Julien de la Rovere, neveu de Sixte I V. «St Cardinal d’Ostie , n’av^osé se proposer pour le Pontificat, à la mort d’Alexandre VI. ilvoit procuré sélection de Pie III. que pour se ménager .le tems de f^fa brigue, & de gagner les Cardinaux. Quoiqu’il fût d’un caractèrelent Ôt brouillon, ôt qu’il eût eu de fréquens démêlés avec les grand 3 »comme il passoit pour libéral & sincere, «St qu’il avoit de grandes riche .íp$, il fe fit un grand nombre d'amis, surtout par les magnifiques
(c) Barthold. de reb. Genuens, ubi Jup.