D’I T A L I E. Liv. XXIV. C H. I. 443
François. Lautrec passa le Po, le 18 d’Octobre, dans le dessein de mar- Section
cher à Naples (a). ( _ Hìlfi'n
L’Empereur, informé des succès & des desseins de Lautrec, dépêcha des d’i m u e fa.Envoyés à Rome pour négocier avec le Pape, avec lequel ils conclurent puis Vanun traité fort avantageux à l’Empereur. Mais comme il n’ètoit gueres pos* M-
fib!e au Pape d’en tenir les conditions, il se sauva le 9 de Décembre du l ’ a,i
Château de 8. Ange, par le moyen du Cardinal Colonne avec lequel il s'é- rS63 'toit réconcilié, & se rendit à Orviete (b). _ z, e p a p e st
Peu après l’Ambassadeur du Roi d’Angleterre vint le trouver pour le fauve.prier de se joindre aux Confédérés & de déclarer nul le mariage du Roi avec Le Roila Reine Catherine , les Théologiens L les Jurisconsultes Anglois ayant é’Angle-déja reconnu qu’il n’étoit pas valide, parceque la dispense accordée pourl’épouser avoic été surprise (*). Le Roi de France fie auífi presser le Pape J*,,* fastnde se joindre à la Ligue, mais Clément qui avoic éprouvé tant d’infortu- mariage.nés pour s’être mêlé de la querelle de l’Empereur & de François I. & qui 15*8.s’étoit engagé par le dernier Traité de ne se point déclarer contre l’Empe-reur, s’excusa & témoigna une ferme résolution de demeurer neutre. Il té-moigna être disposé à satisfaire le Roi d’Angleterre fur l’affaire du divor-ce, mais en même tems fit naître des difficultés fur la maniéré de la traiter,qui ne servirent qu’à faire concevoir de plus en plus des espérances auRoi, & à lui faire redoubler ses instances. Sans encrer dans tous les dé-tails de cette affaire, qui n’est proprement point de notre sujet, nous di-rons seulement que le Pape envoya en Angleterre le Cardinal Campege,pour terminer l’affaire avec le Cardinal de Wolfey. Campege étoit chargéd’une bulle par laquelle le Pape annulloit le mariage, mais il ne lui étoitpermis de la montrer qu’au Roi & à Wolfey, <St il avoit ordre exprès deve point proceder à la sentence définitive, qu’il n’eût reçu de nouvellesinstruttions de Rome (c).
Ce qui engagea le Pape à temporiser , c’est le tour que les affaires de Supériorité1 Empereur prirent en Italie. Lautrec partit de Bologne dans le courant de ds i’ E mpe-,Janvier pour Naples, dc en peu de tems soumit une grande partie de ceroyaume. Les débris de l'armée Impériale, qui depuis neuf ou dix. mois
(«) Hist de Venise T. IX. p. 315-328.( 6 ) La même, p. 329. Guiçhardin L.XVlil.
(c) Voy. Bumet Hist. de la Résonnât.d’Angleterre. T. I.
(*) Catherine avoit été mariée en premieres noces avec Artur frere de Henri, quil’avoit épousée par dispense de Jules II. On attribue la demande de Henri VIII. dudivorce à divers motifs; lui-même prétendoit que c’étoit par délicatesse de conscience,Parceque la Reine étoit veuve de son frere, & que d’ailleurs il desiroit d’avóir un héri-tier mâle, qu’il ne pouvoit plus espérer (savoir de Catherine. D’autres prétendent que1 amour qu’il avoit conçu pour Anne de Boleyn le porta à chercher à faire rompre sonnrariage. II y en a qui prétendent, que ce fut le Cardinal de Wolfey qui le porta àpenser au divorce, & qu’il se proposoit de lui faire épouser la Duchesse d’Alençon, sœurdu Roi de Fraoce, à de se venger de l’Empereur, neveu de la Reine Catherine. LeCardinal étoit piqué contre Charlequinc, non seulement parcequ’il avoit trompé deuxf °is les espérances qu’il avoit eues de parvenir au Pontificat, mais encore pareequ’d luiavoit refusé l'Archevêché de Tolede, le plus riche Bénéfice de la Chrétienté.
soit on pounoit peut-être conjecturer , que plusieurs causes concoururent a tairesouhaiter à Henri VIII. le divorce.
Tom V/llI. K k k