<5oS HISTOIRE GENERALE
Secttc::? à certains Prélats, qui bien que capables ne laissoient pas d’attirer laXL haine de la Cour , qui ne pouvait souffrir leur abord méprisant, leurs^Italie*de• m ^ nes austères, & leurs visages refrognés. D’ailleurs, la trop grande in-puîs l’an dulgence qu’il avoit pour ses Ministres, autorisait la hardiesse qu’ils pre-J623 M- noient dans tout ce que leur caprice se proposait d’exécuter ,• & cettefu’à mtre extr éme bonté laissait encore aux Cardinaux & aux Barons Romains latems ‘ liberté presque absolue de faire impunément tout ce qui leur plaisait, leplus souvent avec de cruelles injustices. Ce qui fesoít surtout grand tortau Pape, c’étoit le pouvoir que s’étoit acquis sur son esprit le Cardinal Chigi,à l’égard duquel il poussoir la reconnaissance trop loin, se livrant tout entierà ce Cardinal, qui le laissoit adroitement s’amuser à de petits foins super-ficiels, pendant qu’il disposait de tout le reste à son gré, & écoit le canalde toutes les grâces Ça).
Sa modéra - Jamais Pape ne donna moins dans le Népotisme que Clément IX. II ne
tien à l’é- laissoit pas d’avoir un assez grand nombre de parens (b), mais il ne paraitVwe* Point qu’il ait fait grand chose en leur faveur, sinon qu’il donna le Cha-J mm ' p eau Cardinal à un de ses neveux, & qu’il nomma un autre, qui étoitChevalier de Malthe, Général des galères. Dailleurs il les laissa dans unefortune médiocre, fans prévoir qu’ils ne pourraient se soutenir après famort. II pouvoit d’autant mieux faire du bien à fa famille, qu’il avoit lui-même des biens, entierement séparés de ceux de l’Eglise, dont il pouvoitdisposer en faveur de ses proches. Ceux-ci de leur côté négligeaient de sefaire des créatures & des amis. Cependant après avoir balancé entre di-verses alliances qu’on proposait pour un autre de ses neveux (c), il se dé-termina à lui faire épauler une Palavicini de Genes, une des plus richesdémoisclles d’Italie.
Louis XIV. avoit déclaré la guerre à l’Espagne pour les droits qu’il pre-tendait que la Reine avoit fur la Flandre. Le Pape délirait ardemmentde rétablir la paix entre les deux Couronnes. Aussitôt qu’il fut élu, il écri-vit à l’Abbé Rospiglioíì son neveu, qui résidoit à Bruxelles en qualitéd’ínternonce,- de passer en France avant que de venir à Rome, afin d’en-gager par cette déférence le Roi à faire la paix. Les deux Couronnesaccepterent la médiation du Pape. Sur ces entrefaites Louis XIV. s'eM-para de la Franche Comté au commencement de l’année 1668. La con-clusion de la Triple Alliance entre l’Angleterre, la Suede & la Hollande»engagea ce Prince à se prêter à la paix. On tint un Congrès à Ai x 'la-Chapeile, où le Pape envoya en qualité de Nonce Bargellini, auq u ^*on fait honneur du Traité qui y fut conclu. Mais si l’on en croit M*de Voltaire ( â) , ce Nonce fut un fantôme d’Arbitre , entre des fa 1 )'tomes de Plénipotentiaires. Tout se traitait à St. Germain par le mi-nistère de van Beuning, Ambassadeur des Provinces-Unies. Ce qui avoitété accordé en secret par lui, étoit envoyé à Aix-la Chapelle, pour êtresigné avec appareil par les Ministres assemblés au Congrès. Cela n’em*pêche pourtant point, qu’on ne doive louer les bonnes intentions du P a P e fqui travaillait à la paix, pour procurer du secours aux Vénitiens.
faix<V Aix-la-Chapclle.I«68.
(a) La mêine p. 94-103.
(S) Voyez leurs Caractères dans la mêmep. 110-141.
(c) La même, p. 126-130.
(d) Sìecle de Louis XIV. Ch. 8 .