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celui de Château Dauphin. L’un & l’autre furent forcés L on s’avanca Sectioî?vers Demont, qu’on assiégea ; Ja garnison fut obligée de capituler le 17. . Xt -d’Août, par un accident. Les deux Alliés allerent alors former le siégé deConi, qu'ils poussèrent avec vigueur. Le Roi de Sardaigne s’avanca au tuUi’aTsecours de la Place; l’Infant Don Philippe & le Prince allerent au devant '623de lui, les Piémontois les attaquèrent,& eurent le dessous, le Roi de Sar- S a ’4 notrodaigne fut obligé de faire retraite. Les Aliiésjeprirent le siégé de Coni , tems -mais la saison continua d’apporter tant de difficultés au succès de I’entre’ —prise, qu’ils décampèrent & se replièrent fur Démont.
Cependant la Cour de Rome étoit extrêmement brouillée avec celle de Brouiiie-Vienne, & le Pape paya cher fa partialité en faveur de l’Espagne, ou pour ries ent ™mieux dire celle de ses Ministres. Pour l’intelligence de ceci il faut repren- c ^ ursdre les choses de plus haut.. Benoit XÍV. redevable en grande partie de ce™de
la thiare au Cardinal Aquaviva, laissa à ce Cardinal la disposition de prés- Vienne.que toutes les affaires, de même que des honneurs &. des Dignités! Hdonna la charge de Secretaire d’Ecat au Cardinal Valenti Gonzaga. CePrélat, né à Mantoue, & par conséquent sujet de la Maison d’AutrRche , avoit reçu de grandes faveuis de l’Empereur Charles VI. qui luifit donner par Clément XII. la Nonciature de Bruxelles & ensuite celled’Efpagne. La Cour de Madrid en fut fort mécontente, mais Valenti seconduisit avec tant de dextérité qu’il gagna à un tel point la faveur dePhilippe V. que ce Prince lui fit donner Je Chapeau de Cardinal én1758. Devenu Secretaire d’Etat, il fe livra tout entier aux Espagnols,après la mort de l’Empereur Charles Ví , il fit donner la Légation deBologne au Cardinal Alberoni, pour favoriser les projets de l’Efpagne;aussitôt que les troupes de cette Couronne furent passées en Italie, elless établirent dans le Èolonois. La Reine de Hongrie fit saisir les revenus■des bénéfices que ces deux Cardinaux possédoient dans ses Etats d'Italie.
Us aigrirent de plus en plus la Cour de Rome contre la Reine, & Valenti'fit nommer l’Abbé Doria Légat du Pape à la Dìete de Francfort oùl’Empereur Charles VII. fut élu, avec ordre de suivre en tout les direc-tions du Maréchal Duc de Belle-Isle, Pour récompenser Doria, la Courde Rome lui donna une Abbaye de cinq mille écus Romains de revenu ,située dans la ville de Milan. C'étoit piquer vivement Ja Cour de Vienne,aussi la Reine arrêta-t-elle fur le champ, la prise de possession & les reve-nus du nouvel Abbé. Cette Princesse avoit demandé un chapeau de Car-dinal pour M. Meìlini Auditeur de Rote ; cependant il ne fut pas comprisdans la nombreuse promotion de 27 Cardinaux que le Pape fit le 9 de Sep.tembre 1743 Bien plus, le Pape aiant proposé quatre sujets pourì’Ar-chevêche de Milan, la Reine lui laissa la liberté de choisir celui des quatrequ’il jugeroit à-propos. Au lieu de le faire, le choix tomba fur l’AbbéPozzobonelli, Vicaire & Grand Archidiacre du Chapitre de Milan. LaReine fit défense de laisser prendre possession de l’Archevêché à M. Poz-zobonelli , & fit mettre en séquestré tous les revenus. Ces sujets démécontentement & plusieurs autres furent cause que les Généraux Autri-chiens ne ménagèrent gueres les terres de ì’Eglife, L le Pape fut obli-gé en 1744 de mettre une taxe considtrab'e fur toutes les maisons déRome,fur tous les biens, rentes, possessions, revenus, fur les pensions &
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