\
378
R
ECREATIONS
l’ouvrage n’en seroit pas moins esti-mable. Ceux qui ont crié au plagiatn’étoien: que de pauvres gens.
Antoine de Nerveze , Secrétaired’Henri II , Prince de Coudé ( filsd'Henri I, mort empoisonné à S. Jeand’Angeli, & pere de Louis II, dit leGrand Condé , ) étoit contemporainde Malherbe ; mais bien éloigné deses talens poétiques , Nerveze n’avoitni goût, ni force , ni génie , j'en tensde ce génie qui distingue le Poète duProsateur. J’ai parcouru ses Essais Poé-tiques , comme je fais tout ce qui metombe dans la main d’anciennes poé-sies , & je n’y ai trouvé qu’une piéce,laquelle, fous une plume plus adroi-te, eût pu faire quelque chose de dé-licat. Elle est dans le goût Anacréon-tique, & présente des idées riantes..La voici avec quelques légers change-mens:
Déja la triste PhiloméleSe plaint aux échos d’aientour;
Ah ! que ne puis-je, auflî-bien quelle,Chanter librement mon amour !