DE S U E D E, Liv. XXXI. Sect.VII. Si
,, Reprdfentez-vous à présent la tendre sensibilité avec laquelle je vous vois assemblés„ devant ie trône. Pendant le peu de jours qui se sont écoulés depuis ce grand change'„ ment, vous m’avez donné les marques les plus touchantes de votre amour & de votre,, confiance fans bornes.J’ai vu revivre en vous& briller dans vos actions,ces vertus & ces„ grandes qualités qui faifoient la gloire de vos ancêtres ; cachées pour un tenis dans vos,, cœurs, elles se sont de nouveau manifellées avec plus d’éclat. Ce coupage & cet atta-„ cheaient inviolable envers le Roi & la Patrie, qui caractérifoient jadis l’Ordre Equestre,, de Suede, ont puissamment secondé mes efforts. Le Çlergé a donné des preuves évidentes,, de son zele pour la gloire de Dieu, de son obéissance aux supérieurs, de fa sensibilité„ pour fanion & le bien-être général. Continuez, chacun dans les fonctions de vos em-„ plois, à fortifier ces scntimens dans les cœurs de vos concitovens. La Bourgeoisie s’est„ occupée (ans relâche de la félicité publique, en cherchant à faire fleurir les arts & les,, manufactures. L’ordre des Paysans, qui a toujours témoigné le plus profond respect„ pour les loix divines & humaines, s’est distingué dans ces circonstances critiques; fa-,, mour de la patrie, ce sentiment distinctif du cultivateur Suédois, a dicté ses résolutions.
„ Je me.sépare de vous avec la douce satisfaction de voir la paix & la concorde régnerj, dans toutes les classes de mes sujets. Je ne puis dans ce moment, que vous témoigner„ ma reconnoiflance des secours que vous m’avez prêtés pour faire revivre fancienne li'ber-„ té Suédoise; elle est appuyée sur des fondemens inébranlables, par la nouvelle forme da„ Gouvernement que vòus avez juré d’obferver & qui vous unit à moi par des liens indist„ solubles. II me reste à répondre à votre confiance, en vous assurant que mon zele n’aura„ point de bornes, lorsqu’il s’agira du bonheur public. Je vais travailler à vous le procu-„ rer, & je ne ferai point trompé dans mon attente, st par votre union & votre économie„ vous continuez à seconder mes soins. Adieu, Messieurs; j’efpere revoir dans six ans„ les députés d’un peuple heureux & fidele. Je vous souhaite un heureux voyage 6c„ vous assure en général, & chacun en particulier, de ma protection & bienveillance„ royales.'*
Lorsque la Diette fut séparée, le Roi employa sès premiers momens àrécompenser ceux qui avoient marqué un véritable attachement à la patrie,avant ou après la révolution. II se rendit deux jours après à l’hôtel de vil-le , où les magistrats & la bourgeoiíie étoient assemblés par ses ordres ; illeur témoigna ia satisfaction du zele qu’ils avoient montré dans ces derniersévénemens; il permit aux officiers de ia milice bourgeoise, de porter l’épée,le chapeau bordé en or & la cocarde, & à ceux qui s’étoient le plus distin-gués , des médailles d’or & d’argent. Le corps de la bourgeoiíie offrit auRoi d’équiper à ses frais vingt-cinq vaisseaux de guerre, ou de lever un régi-ment. Gustave fit ensuite une promotion : dans le nombre de ceux qu’il seproposa d’élever à des grades supérieurs, il distingua ce Capitaine Hellichius,qui le premier leva 1 étendard de la liberté h Christianstadt ; non-seulement leRoi lui donna le grade de Colonel, mais encore il Tennoblit, lui donna lenom de Gustaffchildt , qui signifie bouclier de Gustave, & lui permit deporter dans ses armes un G. couronné: il le décora, dans le Chapitre de sesordres qu’il tint bientôt après, des marques de Commandeur de l’ordre militai-re de l’Epée; & ne bornant pas ses récompenses à la.noblesse & au militaire,il les étendit aux personnes des autres ordres, dont il avoit reconnu le mé-rite. II fie publier un rcscrit à l’occasion du pardon qu’il avoit accordé, soitaux officiers qui s’étoient attiré les reproches de la nation, par leurs prévari-cations dans l’élection des députés à la. Diette ; foie à toutes les classes descitoyens: suivant cette amnistie, ceux qui avoient été emprisonnés, ou quis’étoient expatriés pour des actions répréhensibles, mais non criminelles,pouvoient revenir chez eux en faisant les réparations nécessaires aux partiesTome XLIH. L
Hifh de
Suede.171ÍÌ- ànos jours.
Séparationde la Diet-te.
Récompen-
ses.
Amnistie.