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Cependant, à peine installé dans lîrescia avec sa légion, Garibaldi serend, avec une partie de ses forces, dans la nuit du 14 au 15 juin, à Bet-toletlo; il y fait construire un pont sur la Chiese , en remplacement decelui qui avait été détruit par les Autrichiens battant en retraite sur leM incio. Afin de conserver des communications avec Brescia , il place lereste de ses troupes à Rezzato et à Treponli, avec ordre de tenir tète auxAutrichiens, occupant aloi^ en grand nombre la position de Castcnedolo.Les vedettes ennemies étaient tout prés du corps des chasseurs des Alpes .Une escarmouche d’avant-postes amène un combat. Quelques compagniesdu régiment des chasseurs des Alpes , sous les ordres du colonel Medici,attaquent vivement les avant-postes autrichiens, qui battent en retraite,les poursuivent, et se laissent emporter par leur ardeur jusqu’à Castene-dolo. Là, les Autrichiens en masse tombent sur cette poignée de braves,cherchant à les envelopper, et les forcent de reculer. Mais Garibaldi ac-court en toute hâte et parvient à reprendre ses anciennes positions.
Dés le matin, le roi de Sardaigne , songeant à appuyer le mouvementde Garibaldi, avait donné l’ordre à la quatrième division de prendre po-sition à Sanla-Eufemia et San-I’aolo, sur les routes qui, de Brescia , con-duisent à Lonato et à Gastencdolo. Le général Cialdini, apprenant le com-bat qui se livrait, s’était rendu, avec une partie de sa division, à Rezzato,pour soutenir le mouvement du corps des chasseurs des Alpes . Les Au-trichiens ne se sont pas avancés au delà de Civilonghe et ïreponti; ils sesont ensuite bientôt retirés, évacuant même Gastencdolo. Un escadron dechevau-légers de Novare reconnut le matin, sur les lieux, l'abandon duvillage par les Autrichiens, et, peu après y être entré, il entendit l’explo-sion d’une mine, avec laquelle les Autrichiens faisaient gauter le pont surla Chiese , en face de Montechiari.
L’Empereur et le Roi allaient faire, à leur tour, dans Brescia , une en-trée triomphale digne de cette seconde ville de la Lombardie , n’ayantrencontré depuis Milan , sur leur route, aucun corps d’ennemis disposé àles arrêter dans leur marche et à leur fermer le passage de l’Adda.
Démoralisée par la continuité de scs revers et l’éclat de scs défaites,après la journée de Magenta, l’armée autrichienne, on l’a vu, s’était re-pliée avec précipitation sur Milan , avait évacué en toute hâte celte ville,abandonné Pavie et Lodi aussitôt après le combat de Marignan , et, tou-jours poursuivie par les alliés, s’ôtait retirée dans la basse Lombardie ,derrière l’Adda, après avoir fait sauter tous les ponts établis sur celterivière.
C’est alors que commença, sur les conseils du feld-maréchal baron deHess, cette retraite continue qui avait pour but d’opérer, dans les lignes