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HISTOIRE DES PAPES.
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» et réduisent souvent leurs enfants à la pauvreté. Mettez» au jour ces trésors cachés, le prince en a besoin pour» l’entretien de ses troupes, et vous devez, selon votre doc-» trine, rendre à César ce qui appartient à César. Je ne sup-» pose pas que votre Dieu fasse battre monnaie; il n’a pas» apporté d’argent quand il est venu au monde; il n’a ap-» porté que des paroles : rendez-nous donc l’argent, et soyez» riches en paroles. »
. Saint Laurent répondit au juge avec fermeté : « J’avoue» que notre église est riche, et l’empereur n’a pas de si» grands trésors : puisque vous l’exigez, je vous ferai voir ce» qu’elle a déplus précieux; accordez-moi seulement quel-» ques jours pour mettre toutes choses en ordre, pour dres-» ser les états de nos richesses, et préparer les calculs. »
Le préfet, confiant dans cette promesse et espérant s’em-parer des trésors de l’église, lui accorda trois jours. SaintLaurent courut dans toute la ville, pour chercher dans cha-que rue les pauvres que l’église nourrissait, les boiteux, lesinfirmes, les estropiés; il les rassembla, écrivit leurs noms,et, le troisième jour, les ayant rangés devant le parvis de labasilique, il alla trouver le préfet : « Venez contempler les tré-» sors de notre Dieu ; vous verrez une grande cour pleine de» vases d’orettoutesnosrichessesentasséessousles galeries. »Lorsque Cornélius aperçut ces troupes de pauvres quicriaient en demandant l’aumône, il se tourna vers Laurentavec des yeux menaçants : « Prêtre menteur, lui dit-il, tu» seras puni de ta témérité ! »
« De quoi vous offensez-vous, seigneur? répliqua le saint ;» l’or que vous désirez si ardemment n’est qu’un vil métal