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HISTOIRE DE LIBÈRE.
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ariens. Libère, affligé de cette faiblesse, écrivit au célèbreOsius de Cordoue pour lui exprimer sa douleur, et protestaqu’il préférait mourir pour la défense de la vérité plutôt quede se rendre le délateur de saint Àthanase ; mais il ne per-sévéra pas longtemps dans cette généreuse résolution, et sachute honteuse répandit le scandale et la désolation dansTÉgl ise. La conduite de Vincent avait mis le pape dans ungrand embarras relativement à la condamnation des ariens,but constant des efforts du saint-siège. Le pontife avant des’engager dans une voie qui pouvait être dangereuse, se dé-termina à prendre les conseils de Lucifer, évêque de Ca-gliari: ce prélat méprisait le monde, vertu bien rare dansles personnes de ce rang; il était très-instruit, chose ex-traordinaire parmi les évêques ; il était d’une vie pure et nemanquait pas de fermeté ; en outre il connaissait parfaite-ment les controverses religieuses, et ne doutait pas qiie lesOrientaux n’eussent le dessein d’attaquer la foi ; son avisfut que le saint-père devait envoyer des députés auprès del’empereur, pour obtenir que l’on pût traiter dans un concilegénéral tous les articles de la foi, offrant detre lui-même undes ambassadeurs.
Libère accepta avec empressement cette proposition : alorsLucifer, un prêtre nommé Pancrace, et le diacre Hilaire,furent chargés de remettre à l’empereur une lettre respec-tueuse et pleine de fermeté. Constance, sollicité par les ca-tholiques et les ariens, se rendit aux instances des deux par-tis ; et d’après ses ordres, un concile général fut assemblé àMilan. Saint Athanase fut encore condamné sur les accusa-tions de ses ennemis, que le prince appuyait de toute soni- 15