HISTOIRE DE LÉON I-.
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vées à cette dignité par de sanglantes séditions. Le légat re-connut en effet que la discipline était entièrement abandon-née, et qu’on avait donné les ordres sacrés à des laïques, àdes bigames et à des hérétiques.
Aussitôt le pape écrivit aux évêques de la Mauritanie cé-sarienne , pour leur recommander de suivre la discipline ec-clésiastique d’après l’esprit des conciles. Dans cette lettre,il appelait bigames les prélats qui avaient épousé des veuves,èt les condamnait à la déposition comme ceux qui avaientdeux femmes à la fois, ou qui en épousaient une secondeaprès avoir répudié la première. Quant à ceux qui s’étaientélevés jusqu’à l’épiscopat, du rang des simples laïques, Léonleur permit de conserver leurs sièges : il confirma égale-ment dans leurs dignités Donat de Salicine, qui avait abjuréavec son peuple l’hérésie des novatiens, et Maxime, donatisteconverti, qui avait été ordonné évêque sans même avoir reçules ordres ; mais il abandonna au jugement des prélats de laprovince Aggar et Tibérien, qui avaient été ordonnés à lasuite de révoltes, se réservant néanmoins la révision du pro-cès et le droit de décision.
Quant aux couvents qui avaient été pillés par les Arabes ,et dont toutes les religieuses avaient été violées, saint Léonjugeait les saintes filles innocentes ; mais il leur conseillaitde ne pas se comparer à celles qui avaient encore leur virgi-nité , et les engageait à pleurer toute leur vie sur la perte ir-réparable qu’elles avaient faite.
Il écrivit ensuite à Rusticus, évêque de Narbonne , pourlui défendre de mettre en pénitence publique un prêtre quis’était rendu coupable de crimes énormes, ajoutant qu’il était